Droits des internautes : le FBI se perd dans le cloud de Megaupload

Clément Solym - 29.05.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Megaupload - Kim Dotcom - récupération des données


Alors que la fermeture du site Megaupload passait pour beaucoup comme la première véritable mesure contre le piratage des oeuvres, le FBI commence à prendre acte des manquements légaux dont il s'est rendu responsable en confisquant à des milliers d'utilisateurs légitimes l'accès à leurs fichiers. (voir notre actualitté)


Pour l'instant, la partie des utilisateurs légitimes de Megaupload est incarnée par Kyle Goodwin, un journaliste sportif qui se servait du site pour stocker des données légales. L'Electronic Frontier Fondation (EFF), une organisation à but non lucratif qui dénonçait dès février les méthodes du FBI (« Tirer d'abord et parlementer ensuite »), a publié une requête qui soutient ouvertement l'utilisateur.

 

Kim Dotcom, activiste martyr ?

 

« Il est évident que la saisie et le refus de l'accès aux données constituent une violation des droits constitutionnels de Mr. Goodwin. D'après les Quatrième et Cinquième Amendements, le gouvernement était obligé de mener ses recherches et ses perquisitions d'une manière qui protège le droit à l'accès et à la récupération des fichiers par les tierces parties » explique le texte.

 

Pendant ce temps, Kim Dotcom, le propriétaire de Megaupload, fait de la résistance depuis la Nouvelle-Zélande, et refuse obstinément de céder aux autorités les mots de passe permettant l'accès à des fichiers cryptés. Il demande lui-même, en échange, le droit de consulter ses propres fichiers pour préparer sa défense, droit que le FBI refuse à l'accusé, le transformant peu à peu en martyr de la liberté numérique : « Je suis un être humain, vous savez » a ainsi déclaré Dotcom aux journalistes en évoquant la brutalité de l'action du FBI.

 

La possibilité d'un procès s'éloigne d'ailleurs doucement, et le juge américain O'Grady a informé le FBI qu'un jugement de Kim Dotcom est impossible : Megaupload était basé en Nouvelle-Zélande, et la juridiction américaine n'a aucun pouvoir sur les sociétés étrangères.

 

Un beau ratage en perspective, mais l'EFF a d'ores et déjà proposé au Departement of Justice américain d'établir des procédures légales et précises de lutte contre les utilisations illégales des sites de cloud-storage.