Édimbourg restaurée grâce son statut de "ville littéraire"

Louis Mallié - 07.03.2014

Patrimoine et éducation - A l'international - Édimbourg - UNESCO - Royal Mise


À l'occasion du dixième anniversaire de sa nomination par l'UNESCO comme « ville littératéraire », Édimbourg restaure son centre historique. Un projet vieux de dix ans qui devrait permettre de remettre à l'honneur la culture dans une ville gagnée par le tourisme et les nouveaux commerces.

 

 

Esplanade, Edinburgh CastleL'esplanade d'Édimbourg,  Boon Low (CC BY-ND 2.0)

 

 

Le problème était dénoncé depuis plusieurs années : tirant un fort profit du tourisme, la vieille ville d'Édimbourg étouffait sous les grands magasins et la masse des boutiques de « tartan tat », littéralement « camelote écossaise » - l'équivalent de nos porte-clefs en forme de tour Eiffel. Si le bénéfice était certain, la capitale écossaise risquait de perdre avec son authenticité sa substance culturelle - paradoxe puisqu'elle a été consacrée « ville littéraire» par l'UNESCO en 2004.

 

C'est donc ce qu'espère combattre la grande opération de restauration qui vient d'être mise en oeuvre. Le projet s'étend sur une partie de la vieille ville, couvrant les rues qui composent le célèbre Royal Mile - l'artère principale de la ville. L'objectif est en fait de quartier littéraire un centre culturel. 

 

Un large programme de restauration a ainsi été mis en place : outre les réparations prévues pour la Moubray House et la Trinity Apse (deux des bâtiments les plus anciens d'Édimbourg), est prévue la rénovation du Tweeddale Court. Le site a joué un rôle primordial dans la vie littéraire de la ville pendant près de deux cents ans. Il comprend les lieux où fut imprimé le premier livre écossais en 1508, ainsi que celui de l'imprimerie de William Smellie qui publia la première encyclopédie britannique de l'histoire.  

 

L'ensemble de l'entreprise  est mené David Smith,  directeur du Scottish Storytelling Centre. « Nous avons déjà la chance d'avoir un formidable centre d'imprimerie et de publication.  Il y a aussi la volonté de promouvoir un développement plus large », déclare-t-il, espérant que le succès des travaux égalera ceux entrepris pour la vieille ville dans les années 80. 

 

À terme, cela permettra au Royal Mile d'accueillir de nombreux festivals et évènements visant à réaffirmer l'identité de la cité. Entre autres, des concerts de musique traditionnelle, des chants, de la danse, des représentations de théâtre et une myriade d'autres activités comprenant différents arts.

 

Durant la seconde édition du festival annuel d'Édimbourg, l'Écosse aura donc l'occasion de voir son  identité remise en valeur, le tout en présence des auteurs David Torrance et Gerry Hassan qui y prendront part. 

 

Cette initiative contrebalancera fortement la peur qui avait saisi la Society of Authors d'Écosse lorsque le gouvernement avait projeté fin 2013 de fermer une bibliothèque sur deux - y compris dans la « ville littéraire » écossaise.