La préservation du patrimoine numérique, un souci commun

Antoine Oury - 07.07.2015

Patrimoine et éducation - Patrimoine - patrimoine - numérique - IPA


Éditeurs et bibliothécaires, ce n'est pas si fréquent en ce moment, se sont trouvés un sujet de préoccupation commun : la préservation du patrimoine numérique doit être prise en main le plus rapidement possible, pour éviter des carences dans les archives. À quelques jours d'intervalle, IPA (Union internationale des éditeurs) et IFLA (Fédération internationale des associations de bibliothécaires et d'institutions) appellent à la collaboration entre les différents acteurs.

 

BookScanner et numérisation de livre

(photo d'illustration, ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

Le secrétaire général de l'Union internationale des éditeurs, même en fin de mandat, n'a pas mâché ses mots : intervenant devant le comité sur le copyright et les droits connexes de l'Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, il a souligné que les politiques de conservation devaient fonctionner « en pratique ». Pour cela, il recommande de définir précisément le statut des oeuvres : « Nous devons différencier les œuvres qui ne sont plus couvertes par le droit d'auteur, celles qui le sont, les œuvres orphelines, les oeuvres indisponibles et celles qui le sont. Toutes impliquent des intérêts différents, et différents types d'accords sont nécessaires pour une préservation efficace et effective », a-t-il expliqué.

 

Outre la numérisation des documents patrimoniaux, la conservation des documents numériques soulève elle aussi d'autres questions : « [A]yants droit et bibliothèques doivent s'accorder sur ce qu'il faut conserver, comment les éditeurs doivent fournir les fichiers aux établissements et sous quelles conditions ces documents peuvent être utilisés. » En numérique, la question de la conservation est finalement plus délicate : un format de fichier, avec les années, pourrait devenir totalement obsolète.

 

Les 1er et 2 juillet derniers, à l'UNESCO, à Paris, la même question était abordée : Victoria Owen, à la tête du comité sur le copyright et les affaires légales de l'IFLA, a demandé à l'organisation d'inscrire dans ses recommandations la mise en place d'exceptions et de limitations au droit d'auteur, pour sécuriser la mission de protection et de préservation du patrimoine.

 

Les recommandations en question seront présentées en novembre prochain, avant une éventuelle adoption. 

 

À quelques jours du passage de son rapport amendé en séance plénière au Parlement européen, l'eurodéputée Julia Reda pourra en tout cas se féliciter du mouvement commun autour de la question du rôle des bibliothèques dans la préservation du patrimoine. Une des propositions de son rapport propose en effet d'autoriser les bibliothèques et les archives à numériser leurs collections efficacement, ce qui dégagera sans doute l'avenir patrimonial..