Édition universitaire US : sans moyens, plus de bonne presse

Clément Solym - 25.05.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Université du Missouri - édition universitaire - fin des activités


Les presses de l'Université du Missouri vont bientôt se taire, après 54 années d'activités qui auront vu naître environ 2000 titres, qui vont de l'histoire à la littérature, en passant par la philosophie, les sciences politiques ou encore des biographies. Cette fermeture rappelle la condition financière plus que délicate des universités américaines, aux budgets sans cesse plus réduits.

 

En 2009, la University of Missouri Press avait pourtant fait preuve de « bonne volonté » : face aux réductions des dépenses exigées par l'État américain, l'équipe est réduite de moitié, passant de 19 à une dizaine d'employés. Autant de chômeurs en puissance, puisqu'ils ont appris hier seulement la fin programmée des activités.

 

 

 

 

Malheureusement, le cas n'est pas rare aux États-Unis, où les fermetures de maison d'édition universitaires se multiplient depuis 2008, année de la crise. La Louisiana State University Press fut la première concernée, mais réussit à obtenir un léger sursis grâce au soutien public. Les suivantes, la Eastern Washington University, l'université de Scranton et la Southern Methodist University, eurent moins de chance : les unes après les autres, elles annoncèrent l'arrêt définitif de leurs presses. Même l'université de Californie fut touchée l'année dernière, et contrainte de stopper la production de sa collection poétique.

 

« Les transformations technologiques ont profondément bouleversé les médias, et donc la communication académique » explique le doyen de l'université du Missouri Brian Foster, qui considère justement la communication comme élément central de l'édition universitaire, et admet ne pas savoir « vers quoi celle-ci se dirige. »

 

D'autant plus que la conversion numérique n'est pas vraiment la panacée : dès 2006, la Rice University s'était ainsi tournée vers une édition via une plateforme numérique, espérant que « sans la charge d'un inventaire imprimé à gérer, l'édition universitaire puisse se suffire à elle-même grâce aux ventes en impression à la demande », comme l'explique Eugene Levy, l'ancien doyen de l'université. Peine perdue : en 2010, la Rice University met fin à son « expérience », laissant planer le doute sur la survie des petites structures d'édition universitaire.

 

De là à dire qu'il n'y a plus que le temps qui presse...