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Éducation : Blanquer prône un enseignement chronologique de la littérature

Antoine Oury - 14.09.2017

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - littérature chronologie - enseignement chronologique littérature - lecture éducation nationale


Jean-Michel Blanquer et Françoise Nyssen, respectivement ministres de l'Éducation et de la Culture, ont fait état à plusieurs reprises de leur volonté de travailler de concert pour offrir plus de place à la lecture et à la littérature dans les programmes scolaires. Dans un entretien à L'Express, Jean-Michel Blanquer annonce qu'il souhaite désormais une découverte chronologique de la littérature, par époques et courants littéraires.


Séance d'ouverture, Jean-Michel Blanquer. ©Sénat/S.Kerlidou
Jean-Michel Blanquer, en 2014 (Institut des Amériques, CC BY-ND 2.0)
 


Françoise Nyssen avait insisté à plusieurs reprises sur le travail commun qu'elle engageait avec Jean-Michel Blanquer : son collègue de l'Éducation nationale avait d'ailleurs été la première personne du gouvernement qu'elle avait rencontré pour une véritable réunion de travail. Quelques jours après une rentrée passée en duo à l'occasion de l'opération « La rentrée en musique », pour remettre l'éducation musicale en avant dès le début de l'année, c'est Jean-Michel Blanquer qui a évoqué le sujet qui tient particulièrement à cœur aux deux ministres, la lecture.

 

Dans un entretien à L'Express, Blanquer indique que l'enseignement de la littérature se fera désormais de manière chronologique dans les programmes officiels. Le ministre explique qu'il souhaite en finir avec « les grandes idées un peu conceptuelles » qui président, selon lui, à l'approche de la littérature au collège : l'approche thématique, qui rassemble des œuvres autour d'un thème ou d'une question commune, ne serait visiblement plus à l'ordre du jour.

 

Par exemple, pour la classe de cinquième, le ministère proposait l'entrée « Regarder le monde, inventer des mondes », avec un questionnement autour de l'invention d'univers nouveaux. Dans le corpus proposé, on trouvait aussi bien La Vénus d’Ille, de Mérimée, en œuvre intégrale (1837) que la nouvelle Fonds d'écran (2015) de Pierre Bordage. Autant dire que les passerelles entre les époques, les styles et les genres littéraires étaient nombreuses.

 

Selon le ministre, « les allers-retours incessants dans le temps créent de la confusion », raison pour laquelle le ministre veut privilégier l'approche chronologique. 

 

Les propos du ministre ont été critiqués par une partie du corps enseignant, qui souligne que les repères chronologiques sont de toute façon toujours présents dans l'enseignement de la littérature. « À l'intérieur de chaque séquence, on insiste bien sur la chronologie pour que les élèves puissent associer un auteur avec une époque », assure Elsa Froment, responsable éditoriale chez Belin Éducation, interrogée par TF1.




 

Viviane Youx, présidente de l'association française des professeurs de français (AFEF), sur Le Café pédagogique, estime que l'approche chronologique « serait contre-producti[ve], car pour appréhender la littérature la difficulté c'est de susciter l'intérêt des élèves ».

Selon les enseignants, l'approche thématique permet aussi de susciter une approche comparative et critique chez les élèves, à l'inverse de la chronologie.

 

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Enfin, ultime argument, 2016 a déjà été une année de nouveaux programmes, et les professionnels estiment qu'une réforme des programmes de littérature serait malvenue... À moins que les éditeurs scolaires aient besoin de relancer leurs ventes ?