Education : Développer des filières alternatives pour "une seconde chance"

Clément Solym - 16.10.2012

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - EPT - unesco - filière alternative


Aujourd'hui, se tient au siège de l'UNESCO le rapport mondial de suivi 2012 sur l'EPT (éducation pour tous) « Jeunes et compétences ». L'occasion pour les nombreux intervenants de revenir sur un fait de société qui voit de nombreux jeunes, souvent défavorisés, quitter l'école sans diplôme. Des reconnaissances de compétences qui leur manquent pour « se faire une place dans la société et trouver un emploi décent », note l'UNESCO.

 

 

 

 

Échec des systèmes d'enseignement ou difficulté des jeunes à aller jusqu'au bout, ce sont aujourd'hui, signale l'UNESCO, « un jeune sur cinq qui ne ter­mine pas l'école pri­maire dans les pays en déve­lop­pe­ment et un peu plus d'un adulte sur cinq dans les pays déve­lop­pés ne dis­pose pas des qua­li­fi­ca­tions néces­saires pour répondre à une offre d'emploi ». Ainsi, les résultats tombent, 22 % des adultes « n'ont pas les qua­li­fi­ca­tions néces­saires pour pos­tu­ler à un emploi ou lire un jour­nal ».

 

L'objectif majeur du rapport 2012, perçu désormais comme un instrument de référence clé, sera de montrer comment il est possible d'apporter des améliorations aux programmes en cours, afin de les étendre par la même occasion à plus de jeunes encore dans le but d'offrir de nouvelles chances « d'accéder à des emplois décents et à de meilleures conditions de vie ». 

 

Car, « en plus de contrarier les espoirs des jeunes, cet échec des systèmes d'enseignement compromet l'équité de la croissance économique et la cohésion sociale et empêche de nombreux pays de tirer parti des avantages potentiels que peut leur apporter la population croissante des jeunes ».

« Que quelqu'un me donne les qualifications et la possibilité de travailler, et je suis sûre d'atteindre mes objectifs », déclare une jeune femme éthiopienne sur le site de l'UNESCO.

 

Malheureusement, d'après les études menées par le groupe, d'ici 2015, peu de pays auront réussi à atteindre les objectifs fixés préalablement par l'EPT. Bien que les pro­grès dans la sco­la­ri­sa­tion ont été jugés « très rapides dans la pre­mière décen­nie de 2000, notam­ment grâce à l'Inde et à l'Afrique subsaharienne », depuis deux ans les chiffres stagnent. Actuellement, il faut « par­ve­nir au moins jusqu'au pre­mier cycle de l'enseignement secon­daire pour maî­tri­ser les com­pé­tences néces­saires à l'obtention d'un emploi décent », relève l'UNESCO. 

 

Pourtant, les chiffres parlent d'eux-mêmes : 39 % des enfants en âge d'être sco­la­ri­sés en pri­maire « ne savent actuel­le­ment ni lire ni écrire » ; 18 % des ado­les­cents ne suivent pas les cours du secon­daire et « n'ont pas les com­pé­tences indis­pen­sables pour accé­der à l'emploi ».

 

L'un des facteurs majeurs ? Le « manque criant » de struc­tures don­nant aux élèves « une seconde chance ». Il faut « déve­lop­per plus lar­ge­ment les filières alter­na­tives », estime l'UNESCO.