Education : enjeu majeur de la campagne présidentielle

Clément Solym - 05.09.2011

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - Chatel - rentrée - education


C’est la rentée ! Plus de 12 millions d'élèves, de la maternelle au lycée ont fait leur retour en classe ce matin. Mais cette année, la rentrée scolaire prend un tour politique, alors que l’éducation est bien partie pour être au cœur des débats de la campagne présidentielle pour 2012.


Selon un sondage récent de l'institut CSA, l’éducation est la deuxième préoccupation des Français, juste après l'emploi. Le thème s’impose ainsi comme l’un des enjeux majeurs de la campagne présidentielle, alors que Luc Chatel, François Bayrou et Arnaud Montebourg, ont déjà écrit des livres sur le sujet, et que Martine Aubry, François Hollande ou Ségolène Royal multiplient les prises de position en public sur le sujet.

Sujet majeur alors que les d’inégalités scolaires qui se creusent. Depuis 2000, la proportion des élèves de 15 ans « les moins performants en compréhension de l'écrit » est passée de 15% à 20%, selon l'OCDE. De plus, environ 80.000 jeunes sortent chaque année sans diplôme du système scolaire, selon l’AFEV. Tour d’horizon des grands chantiers de l’éducation pour 2012

Enseignant : suppressions de postes et statut

Sur le quinquennat, il y aurait eu au total 80.000 suppressions de postes des enseignants, dont 9000 de moins dans le primaire pour cette année (notre actualitté) alors que le secondaire compterait cette année 80.000 élèves de plus. Inévitable pour la droite, la gauche souhaite au contraire ouvrir des postes à l’avenir et mettre fin immédiatement à ces suppressions. Dans son livre Projet pour l'école, Arnaud Montebourg (PS) prône d’ailleurs d’ « inverser la tendance » des suppressions de postes.

De plus, les « missions » des enseignants font débat. La droite souhaiterait que leurs obligations de service définies dans un décret de 1950 (soit 15 heures de cours hebdomadaire pour les agrégés, 18 heures pour les autres) soient revues à la hausse pour une présence accrue des professeurs dans leurs établissements, au-delà des heures de classe. Les syndicats font barrage, alors que Martine Aubry a expliqué qu'en cas de victoire aux primaires PS, elle « regarderait » le décret avec les syndicats en insistant surtout sur des « temps de concertation » pédagogique et de rencontre des parents, rapporte l’AFP.


Enseignement : contenu et rythmes scolaires

Plusieurs polémiques secouent la rentrée des classes quant au contenu des programmes scolaires. Le retour de la morale en primaire, annoncé par Luc Chatel cet été, vise à « aider chaque élève à édifier et renforcer sa conscience morale dans des situations concrètes et en référence aux valeurs communes à tout 'honnête homme'», selon une circulaire du ministère. En 2008, son prédécesseur Xavier Darcos avait déjà remplacé l’éducation civique par de l’« instruction civique et morale ». Le PS et les syndicats avaient alors dénoncé ce projet comme une diversion aux nouvelles suppressions de postes (16.000 en 2011).

L’enseignement de la théorie du genre sur l’orientation sexuelle dans les manuels scolaires au lycée a également suscité le mécontentement d’une partie de la droite et d’associations catholiques. Cette théorie soutient que les différences entre les hommes et les femmes sont avant tout le résultat d’une construction sociale et culturelle, au delà des seules différences biologiques, et légitime ainsi indirectement l’homosexualité. Cette réforme est soutenue par une grande partie du corps enseignants.

Les rythmes scolaires sont à repenser : Chatel souhaite une réforme pour la rentrée 2013. C'est notamment du côté de l'amplitude horaire des journées de cours que le ministère va travailler, sans omettre de prendre en compte les besoins et limitations nécessaires sur l'ensemble de la semaine, avec des semaines de 4,5 jours, des vacances d'été plus courtes et unepause pour le déjeuner de 90 minutes. Le PS s'est engagé à revenir sur la semaine de quatre jours en primaire pour l’allonger à quatre jours et demi, voire cinq.