Éducation : La Commission européenne favorable à l'open source

Antoine Oury - 18.04.2014

Patrimoine et éducation - Ressources pédagogiques - Commission européenne - contenus accès libre - copyright


Depuis plusieurs années, les contenus éducatifs et pédagogiques en ligne, en accès libre et généralement conçus de manière collaborative, se multiplient. Sous le regard tantôt enthousiaste, tantôt craintif des responsables pédagogiques, et celui, inquiet, des éditeurs de contenus pédagogiques. À la Foire du Livre de Londres, la Commission européenne a visiblement essayé de contenter tout le monde.

 


Say

(A Watters, CC BY-SA 2.0)

 

 

En France, les différentes expérimentations restent timides, mais le ministère de l'Éducation Supérieure a ouvert l'année dernière le portail France Université Numérique (FUN). Mi-mars, le ministère de l'Éducation nationale suivait, en proposant cinq plateformes, proposant à la fois des accès à des contenus libres de droits et sous droits (en accès restreint), mais aussi des applications pédagogiques en ligne.

 

La Commission européenne a eu l'occasion de s'exprimer sur le sujet au cours d'un débat organisé à la Foire du Livre de Londres : Ricardo Ferreira, chargé de mission au sein de l'autorité, a parlé de 510 MOOCs (Massive Open Online Courses, cours en ligne en accès libre) actuellement disponibles en Europe, dont quasiment une centaine au seul Royaume-Uni. L'objectif étant bien entendu d'occuper le terrain avant que d'autres opérateurs ne s'en chargent, Google en tête.

 

Cela dit, Ferreira a tenu à rassurer les éditeurs scolaires présents : « Nous tenons à saluer le travail effectué par les éditeurs auprès de la société, en fournissant un contenu de qualité reconnue. Nous n'avons jamais parlé de remplacement par des contenus gratuitement accessibles, mais plutôt d'une complémentarité, et bon nombre d'établissements ne connaissent pas encore ce type de matériel pédagogique. » En somme, un mix des deux solutions, et une promotion de solutions locales en matière de MOOCs.

 

Bien entendu, les ressources accessibles gratuitement arrangent les finances des établissements scolaires, et la Commission ne l'ignore pas : « La hausse prévisible du nombre d'étudiants, et le déficit de compétences numérique, nos systèmes éducatifs ont besoin d'une réforme pour relever ces défis, alors mêmes que les dépenses publiques diminuent dans beaucoup d'États membres », a expliqué Ferreira.

 

En complément de ce débat étaient présentés quelques résultats d'une étude de ces fameux contenus pédagogiques en ligne, qui concluent qu'une « majorité de contenus médiocres » pouvait être trouvée sur ces plateformes librement accessibles. Toutefois, l'étude était menée et présentée par la professeure Eva Matthes, de l'université d'Augsburg, et Andreas Vaer... Ce dernier étant membre de la fédération commerciale des éditeurs scolaires allemands...

 

(via The Bookseller)