Électrique : il vend des exemplaires de Frankenstein aux élèves et risque la radiation

Clément Solym - 17.05.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Frankenstein Mary Shelley - professeur vendre livres - roman étudiants vente


Un enseignant américain va devoir répondre de ses actes, et affronter les mesures disciplinaires qui s’imposent. Todd Friedman risque en effet la radiation pour avoir vendu... des livres à ses étudiants. En l’occurrence, il s’agit d’exemplaires du Frankenstein de Mary Shelley, qu’il proposait pour 2 $ pièce à chacun. On a presque du mal à saisir l’enjeu, mais on ne plaisante pas, aux États-Unis, avec les relations entre professeur et élèves...

 

Pris la main dans le sac ? (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Todd Friedman a ainsi écoulé 102 exemplaires du livre et le ministère de l’Éducation lui est tombé dessus à bras raccourcis. C’est en septembre 2015 qu’il a ouvertement contacté l’éditeur du livre, pour effectuer sa commande de livres. Une facture de près de 220 $ pour les exemplaires du Frankenstein, qu’il va se rembourser en vendant les ouvrages 2 $ chacun. Autrement dit, une transaction déficitaire. 

 

Sauf que la principale adjointe de son établissement entend parler de cette histoire et décide, avec la principale, de déposer une plainte. L’enseignant de 61 ans se retrouve alors confronté à une accusation stricte : « Les contenus et les manuels scolaires fournis par le ministère de l’Éducation, pour un usage au sein des salles de classe, ne doivent en aucun cas être vendus ni entraîner le moindre frais pour l’étudiant », explique le règlement intérieur.

 

Dans un rapport du 21 mars 2016, le ministère reçoit les conclusions de l’enquête et considère alors que Friedman a donc violé l’article 1-610. Le professeur est dépité : « Je fournissais un service aux étudiants. On ne parle pas d’abus sexuels. Ce n’est pas de la pédophilie. Je ne représente pas un danger pour les élèves. »

 

D’autant plus que, quelque temps plus tôt, les élèves avaient acheté, à la librairie de l’établissement, un exemplaire de Hamlet pour 6 $. « Personne n’a eu de problème avec ça. C’est en vigueur depuis des années ! » Et aucun des étudiants ne s’est par ailleurs plaint d’avoir eu à acheter les livres au prof : pour lui, il s’agit plutôt de représailles menées par les responsables de son école.

 

En mars 2015, Friedman avait en effet dénoncé les nouveaux programmes, qu’il accusait d’abrutir les élèves. Il estimait par ailleurs que les modalités d’évaluation étaient injustes. Après 29 années d’enseignement, le professeur de la Midwood High School, située au cœur de Brooklyn attend désormais de savoir s’il conserve toujours l’étincelle pour lutter contre la hiérarchie...

 

via New York Post