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Elèves copieurs sur le net : le couac des corrigés prémâchés

Clément Solym - 27.03.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Bonod - Internet - Google


Il y a peu, un professeur de lettres classiques a mené une expérience éducative prouvant que la plupart de ses élèves avaient copié des informations sur la toile pour rédiger un commentaire de poésie (notre actualitté). 

 

Si cette expérience a soulevé de nombreuses questions quant au plagiat online, ou la fiabilité d'Internet,  Loys Bonod a précisé sur son blog, que « sa vraie cible » était en fait les sites de corrigés en ligne payants, dont il souhaite l'interdiction, remettant en cause leur fiabilité alors que son « faux corrigé » avait été validé par des « comités de lecture » et mis en ligne il y a un an auparavant. 

 

En réponse, l'un de ces sites, Oodoc.com, a proposé une « grande discussion » aux acteurs du monde éducatif sur l'usage des technologies, afin de « réfléchir à des solutions pédagogiques et techniques pour l'utilisation efficace et réfléchie de cette abondance de contenus », dans un communiqué publié lundi, rapporte l'AFP. 

 

 

Les directeurs du site, forcément embarrassés, affirment que « cette mise en cause est faite à tort puisqu'il s'avère que le corrigé mis en ligne par M. Bonod sur Oodoc.com n'a jamais été consulté ! ». Etrange, puisque le professeur soutient que les devoirs des élèves avaient repris le commentaire « parfois au mot près ».

 

Selon eux, il faudrait plutôt remettre en question « les lacunes pédagogiques quant à la recherche et la vérification d'informations ainsi que le recoupage des sources qui sont pourtant des compétences essentielles que doivent avoir nos élèves dans notre société de l'information ».

 

Cependant, vérifier les informations sur le net ne constituait pas le cœur du problème et de l'exercice selon le professeur, qui a remis les pendules à l'heure sur son blog.

 

Il affirme que le commentaire n'exigeait « aucune recherche », mais qu'il demandait tout simplement aux élèves de « recourir à leurs seules capacités de compréhension, d'analyse et d'interprétation d'un texte ».

 

« Le seul vrai enseignement de cette expérience, c'est que mes élèves, face à ce poème, ont simplement renoncé à penser par eux-mêmes. Google a pensé pour eux et ils n'ont par conséquent pas compris le sonnet.», souligne-t-il. 

 

En plus des sites de corrigés en ligne, c'est donc le recours à Google pour penser et réfléchir que remet en question le professeur.