Encyclopédie en ligne : Les contenus contributifs font-ils peur ?

Clément Solym - 14.03.2009

Patrimoine et éducation - Scolarité France - encycloépdie - contenu - contributif


Un an plus tard, les quatre compères étaient de retour autour de la table des discussions : Line Karoubi, directrice adjointe des la collection Larousse, Louis Lecomte, directeur éditorial d'Universalis, Alexandre Moatti, de Wikipédia France et Alain Rey rédacteur en chef de Robert. Exactement la configuration de l'an passé, portant sur le rêve de Diderot.

Et qu'est-ce qui a changé en une année ? Rien. Enfin, pas tout à fait : pour M. Moatti, les questions de libre accès à des photos libres - ou libérées - de droit devient l'une des interrogations de Wikipédia, mais pour M. Lecomte, la contribution gratuite a ses limites, et qui financerait justement ces appels du pied ? D'ailleurs, c'est encore un de ces tours de passe-passe que Wikipédia propose, cette encyclopédie qui se permet de mettre en ligne « des articles ébauchés qui s'affirment comme tels ».

Du côté de Larousse, on est heureux du lancement de l'encyclopédie en ligne dont les chiffres sont réjouissants. Mais l'on s'interroge sur la contribution : « C'est comme dans une dissertation, on se demande qui parle, à qui, pourquoi ? Mais dans le cas présent, il nous manque ce fameux point de vue », explique Line Karoubi. Dès lors que l'on ignore qui contribue et dans quel objectif, tout reste bien sûr soumis aux interrogations les plus fondamentales.


M. Alain Rey fut l'an passé l'homme qui mettait tout le monde d'accord. Cette année encore, il aura été brillant sur le sujet. « Les encyclopédies ne changent aujourd'hui pas de nature, mais de support. Il s'agit là de la mutation la plus importante depuis Gutenberg... » Car après une période de « terreur sacrée » vis-à-vis d'internet, l'homme est conquis : il voit dans cette évolution de la contribution le passage d'une oeuvre réalisée par 150 hommes, à un chantier mis en oeuvre par des milliers de contributeurs. Une nouveauté évidente et qui va de soi pour Alexandre Moatti. Qui lui donnerait tort ?

Nous ne sommes pas restés très longtemps pour cette rencontre tant seul le propos d'Alain Rey avait acquis une nouvelle maturité. En somme, on pourrait résumer en disant que M. Rey est un grand homme, que M. Lecomte ne digérera jamais l'existence de Wikipédia. Pour le reste de leurs propos, on pourra aisément se reporter à notre article de l'an dernier.