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Estampes et dessins : Gravelines fait toujours impression(s)

La rédaction - 03.04.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Gravelines faire impressions - musée Gravelines dessins - estampes dessins Gravelines


Né de la volonté d’artistes nordistes, le musée de Gravelines se consacre au dessin et à l’estampe originale, des prémices de cet art à son interprétation la plus contemporaine. Retranché dans une ancienne poudrière, c’est un bastion ouvert sur la création.

 

 

 

Visiter le musée de Gravelines, c’est voyager dans le temps. Il faut d’abord emprunter la Porte aux Boules et pénétrer dans l’enceinte fortifiée bâtie sous le règne des rois d’Espagne, avant de pousser la porte de l’ancienne poudrière qui abrite le musée. On s’imagine alors passer en revue des siècles d’estampes chinoises ou contempler l’art d’un Dürer. On est au contraire plongé dans l’art contemporain entre une section consacrée à l’artiste Eugène Leroy, une carte blanche à la graveuse Mireille Baltar et une dernière section présentant des artistes de l’art informel.

 

C’est le parti-pris de l’accrochage actuel, intitulé Collection (im)permanente. « Il est impossible d’exposer en permanence les œuvres de la collection, pour une raison de fragilité des œuvres », explique Virginie Caudron, la nouvelle directrice du musée. Aussi celui-ci s’anime-t-il au rythme des allers et retours dans une collection de 19 000 œuvres couvrant cinq siècles de l’histoire de la gravure.

 

C’est à la tête du Groupe de Gravelines que, dès 1970, Charles Gadenne et son ami Arthur Van Hecke, organisent les premières expositions collectives dans l’arsenal de Gravelines.


Le soutien du maire de l’époque, Albert Denvers, permit la création, en 1982, d’un musée unique, entièrement tourné vers la découverte du monde de l’estampe, ses artistes, ses techniques, son histoire, ses infinies possibilités d’expression. En début d’année dernière, le musée exposait par exemple une soixantaine de planches de la Manga, série de recueils iconiques de l’artiste japonais d’Hokusai publié au XIXe siècle.

 

Une connivence avec le livre

 

La collection du musée compte également 250 livres d’artiste, tels que Le Chef d’œuvre inconnu de Picasso, les albums de Wifredo Lam, les planches de L’Apocalypse de Dürer ou La Chanson du vieux marin de Gustave Doré. « Il y a un lien naturel entre la gravure et l’écrit. L’estampe a toujours accompagné le livre et entretient avec lui une vraie connivence, ne serait-ce que parce qu’ils partagent le même support papier, explique Virginie Caudron. On peut même considérer qu’il y a un jeu entre l’écriture poétique d’un texte qui se construit et la révélation de l’image sur la plaque. »

 

Ces ouvrages sont régulièrement intégrés aux expositions, même si la directrice du musée pointe la difficulté de les présenter. « On est contraint de ne laisser voir que deux pages, sauf s’ils ne sont pas reliés. Nous réfléchissons donc à un projet de présentation sur écran. »

 

Pour sensibiliser plus encore le public à la rencontre des œuvres, le musée propose des ateliers et des stages de gravure. « Nous disposons d’un bel équipement qui attire des gens de loin, confirme Virginie Caudron. Mais l’atelier n’est pas un but en soi. Il permet au public d’appréhender le papier, les outils et de mieux comprendre les choix des artistes. »

 

Il accueille également des professionnels qui y trouvent le moyen de produire des éditions de qualité ou de développer un travail personnel. Récemment, la graveuse Caroline Boyer, venue animer un stage et séduite par le littoral, est revenue pour composer une série de gravures autour des hauts fourneaux de Dunkerque. 

 

 

« Ce ne sont pas des résidences d’artiste formalisées, mais nous avons une ouverture d’esprit qui nous permet de répondre à des projets », commente la directrice. Cette ouverture se traduit aussi par l’organisation, l’année dernière, de la 1re biennale de l’estampe, avec le concours d’Art & Estampe - Les Amis du musée de Gravelines.

 

Vingt artistes ont été sélectionnés sur 286 dossiers. « Le choix a été difficile, confirme Virginie Caudron. Il y a eu d’âpres discussions pour les départager, tant nous avons eu des propositions de qualité. » Autant de candidatures qui peuvent se révéler un vivier pour de futures acquisitions. De l’art de faire bonne impression...

 

Musée du dessin et de l’estampe originale

Château Arsenal

59820 Gravelines

 

Marie-Laure Fréchet

 

en partenariat avec le CRLL Nord Pas de Calais