Rentrée littéraire : La fashion week des libraires


À l’occasion du centenaire de la mort d’Auguste Rodin et de la grande exposition qui lui sera consacrée au Grand Palais à Paris à partir du 22 mars, ARTE propose une programmation spéciale avec deux documentaires inédits et le film Camille Claudel avec Isabelle Adjani et Gérard Depardieu. 

 

 

 

Recalé trois fois au concours des Beaux-Arts, Auguste Rodin n'a jamais désarmé. Qu'importe que son style déplaise au monde académique, que son travail scandalise ses pairs, il n'aura de cesse de suivre son intuition : « Ce que l'on nomme communément laideur dans la nature peut dans l'art devenir d'une grande beauté », estimait-il. Ébloui dans sa jeunesse par l'œuvre statuaire de Michel-Ange, ce fils du peuple, né à Paris en 1840, s'est attelé à son labeur jusqu'à sa mort, en 1917, il y a un siècle.

 

 

La turbulence de Rodin, documentaire de Claire Duguet et Leslie Grunberg (2015)

 

 

À 25 ans, pour échapper à la misère, il suit à Bruxelles le sculpteur Carrier-Belleuse, qui l'engage dans son atelier comme praticien. De retour à Paris, inlassablement, il échange avec peintres et écrivains, dessine, modèle, martèle, cisèle. Épousant les combats de l'avant-garde artistique de son temps, de l'impressionnisme au naturalisme, Rodin réinvente son art. Quand, enfin, il connaît la consécration, il a déjà 60 ans…

 

Un monde en mouvement


La place de Rodin dans l'histoire de l'art est unique. Avec des œuvres comme La porte de l'enfer, Le baiser ou son Balzac, éreinté avant d'être encensé, Rodin a fait sortir la sculpture de sa vocation ornementale pour la faire entrer, charnelle et palpitante, dans une nouvelle ère. Le film retrace son parcours artistique en l'inscrivant dans le formidable bouillonnement (pictural, littéraire, musical, architectural et sociétal) qui traverse la France de la seconde moitié du XIXe siècle jusqu'à la Belle Époque.

 

En 1879, le ministre des Beaux-Arts Edmond Turquet commande à Auguste Rodin une colossale sculpture pour le futur musée des Arts décoratifs. Se référant à la porte de bronze exécutée au XVe siècle par Lorenzo Ghiberti pour le baptistère de Florence et considérée par Michel-Ange comme "la porte du paradis", Rodin va passer plus de trois décennies à imaginer chaque créature, chaque détail, de La porte de l'enfer.

 

Constituée de dix panneaux, l'œuvre, inspirée par La divine comédie de Dante, ne sera pas entièrement achevée. Après la mort de l'artiste, en 1917, plusieurs sculptures seront extraites de la monumentale matrice, notamment Le penseur et Le baiser.

 

Une profonde liberté

 

Avec l'écrivain Zoé Balthus, le plasticien Bruno Aveillan explore la genèse et le processus créatif d'une œuvre fascinante, poursuivie avec acharnement par Rodin une grande partie de sa vie. Invitant des artistes contemporains, entre autres Mircea Cantor, les deux auteurs convoquent au chevet du chef-d'œuvre les arts plastiques, la danse, la poésie et la littérature. D'une esthétique visuelle rare, leur "divin enfer" se révèle libéré des cloisonnements académiques… comme le fut Rodin.

 

 

Et Rodin créa La porte de l’enfer, réalisé par l'artiste-plasticien Bruno Aveillan, un magnifique documentaire sur l'œuvre matricielle d'Auguste Rodin.

 

 

Camille Claudel : correspondance (3ème édition revue et argumentée) 

 

 

Les lettres adressées à Rodin et les rares réponses de l'artiste traduisent la relation passionnelle et intense qui unira quelques années les deux sculpteurs. « Je n'en puis plus, je ne puis plus passer un jour sans te voir. Sinon l'atroce folie […] Toute mon âme t'appartient […] que mon cœur sente encore ton divin amour se répandre à nouveau. », écrit-il à Camille Claudel en 1886.

 

 

 

Rendez-vous le 2 avril : 18h05 La Turbulence Rodin, 20h55 Camille Claudel, 23h40 Et Rodin créa “La Porte de l’Enfer”.