États-Unis : le climato-scepticisme éradiqué de manuels scolaires, à Portland

Orianne Vialo - 25.05.2016

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Les écoles de Portland (Oregon, États-Unis) ont décidé de laisser de côté les manuels scolaires remettant en question les causes du changement climatique, en votant pour soutenir le concept du plan de développement et de mise en œuvre pour l’intégration des programmes du changement climatique dans l’enseignement. En effet aux États-Unis, le système scolaire émettait des réserves à affirmer que la crise climatique était une des conséquences directes des activités humaines. 

 

(Photo d'illustration / Domaine public)

 

 

Ce que l’on appelle « climato-scepticisme », un courant de pensée selon lequel les changements climatiques ne sont pas provoqués par l’Homme mais par la nature, est loin d’être impopulaire aux États-Unis. À un tel point que cette « idéologie » touchait directement le milieu de l’éducation dans le pays. Afin d’enrayer cette théorie, les écoles de Portland ont donc voté pour que les manuels scolaires « exprimant le doute sur la gravité de la crise climatique ou ses racines » soient retirés des établissements scolaires. (via The Guardian)

 

Cette réforme a été prise après que plusieurs membres de la communauté environnementale présentent une résolution au Conseil d’enseignement et d’apprentissage de Portland dans laquelle ils annonçaient qu’il était « temps pour les districts scolaires de redéfinir la façon d’éduquer les enfants dont l’avenir serait confronté aux changements climatiques ».

 

Toujours selon eux :

 

Il existe un consensus écrasant dans la communauté scientifique, qui prouve que la crise climatique a été déclenchée par les humains libérant des gaz à effet de serre par l’exploitation minière et la combustion des combustibles fossiles (charbon, pétrole et gaz naturel), par la déforestation et par des pratiques agricoles préjudiciables à l’environnement. Il est essentiel que les élèves comprennent les causes et conséquences de la crise climatique — ainsi que les solutions possibles pour y remédier — par des moyens appropriés à leur développement.

 

 

En votant pour soutenir le concept du plan de développement et de mise en œuvre pour l’intégration des programmes du changement climatique dans l’enseignement, le personnel éducatif bénéficiera alors de moyens, de matériel scolaire et des programmes d’éducation « qui abordent le thème des changements climatiques dans toutes les écoles publiques de Portland », et « qui explorent l’ampleur des causes et conséquences de la crise climatique, ainsi que le potentiel des solutions [...] respectueuses de la créativité des étudiants et des enseignants », comme spécifié dans le texte proposé aux écoles par les environnementaux. 

 

Tout cela pour faire face aux problèmes mondiaux et de créer un sentiment d’efficacité personnelle et d’autonomisation chez les jeunes.

 

Le climato-scepticisme encore largement représenté dans les pays anglo-saxons

 

Dans un rapport publié par la Angus Reid Public Opinion (société d’études en ligne) concernant une étude menée auprès des Canadiens, des Américains et des Anglais, il a été prouvé qu’un peu moins de la moitié des sondés croient que les changements climatiques étaient majoritairement dus à l’action de l’homme sur l’environnement. Pour les sondés Américains, ce pourcentage est de 47 %, et, pour les Anglais, il est de 45 %. 

 

Cependant, 20 % des Américains, 19 % des Anglais et 13 % des Canadiens interrogés pensent que le réchauffement climatique est une théorie qui n’a pas été prouvée. À l’inverse, 20 % des Canadiens, 22 % des Américains et 23 % des Anglais sondés pensent que le réchauffement climatique est la cause directe de changements climatiques de cause naturelle. (via AngusReidGlobal)

 

Étonnant ? Pas tant que cela, surtout si l’on prend en compte les propos récemment tenus par Donald Trump, le candidat républicain à la présidentielle Américaine. Le 17 mai dernier, il a déclaré qu’il souhaitait renégocier le rôle de l’Amérique dans l’accord mondial sur le climat conclu en décembre 2015 à Paris lors de la COP21 car « ces accords sont des accords unilatéraux et ils sont mauvais pour les États-Unis ». À la suite de cela, Trump a publié un twitt dans lequel il annonce… croire que le réchauffement climatique est un concept inventé par la Chine afin de nuire à la compétitivité des entreprises des États-Unis. 

 

 

 

« Ceci est un autre exemple du dangereux manque de jugement de Trump et des véritables impacts qu’ils pourraient avoir pour nous tous », déplorait Gene Karpinski, président du groupe environnemental League of Conservation Voters. 

 

« La dénonciation de Trump de l’accord sur le climat de Paris [la COP21, NdR] est non seulement de courte vue, mais serait terriblement coûteuse pour l’Amérique et notre capacité à mener le monde. Nous ne pouvons pas revenir en arrière sur cette étape importante qui nous mènera à une économie d’énergie propre qui profitera à toutes les familles », expliquait dans un communiqué l’environnementaliste milliardaire et fondateur de Next Gen Climate (une organisation qui amène la question du changement climatique au-devant des politiques américaines) Thomas Fahr « Tom » Steyer. (via UK Reuters

 

Nul doute que de pareils propos peuvent fortement influencer tous ses partisans et contribuer à la propagation du climato-scepticisme.