Évaluer les enseignants : l'inspection de disparaîtra pas (ministère)

Clément Solym - 01.02.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Evaluation - Luc Chatel - Enseignants


Face à la grève des enseignants mardi contre le projet de réforme du système de leur évaluation, le ministère de l'Éducation nationale a déclaré que le projet ne prévoyait pas de « faire disparaître l'inspection », même s'il donnait un poids plus important au chef d'établissement. 

 

La grève du 31 janvier a réuni entre 9.000 selon la police et 20.000 personnes selon les organisateurs à Paris. Jusqu'ici, la révision du système, fuitée sur le net et confirmée depuis par Chatel, prévoyait un unique entretien d'évaluation effectué par le chef de l'établissement tous les trois ans, et exit l'inspecteur régional.

 

 

Luc Chatel avait continué de défendre ce projet malgré une première grève en décembre, affirmant qu'il permettrait de mieux évaluer « l'engagement à travers le pro­jet pédagogique du lycée » de l'enseignant.


Cependant, un pouvoir trop important donné au chef d'établissement pourrait entraîner quelques abus de pouvoir, et les copinages pourraient se mêler au professionnel pour le meilleur comme pour le pire, mais certainement pas pour un système d'évaluation plus juste et équitable, selon certains acteurs de l'éducation. 


Le ministère a donc décidé de donner plus de détails sur cette révision, même si le rôle de l'inspection n'est pas encore clairement énoncé. Il y a aura bien un entretien individuel entre l'enseignant et le supérieur hiérarchique direct.


« Cet entre­tien va bien sûr s'appuyer sur l'inspection, car il n'est pas du tout ques­tion de faire dis­pa­raître l'inspection comme je l'entends de-ci de-là », a expliqué à l'AFP Josette Théophile, la directrice générale des ressources humaines de l'Éducation nationale.

 

Une inspection étant « ciblée sur sa mis­sion fon­da­men­tale, qui est d'être garante de l'expertise dis­ci­pli­naire et péda­go­gique de ce qui se passe dans la classe, or aujourd'hui force est de consta­ter qu'il y a une évolu­tion du métier d'enseignant ».


Elle explique ainsi que le poids du chef d'établissement ne serait pas exclusif. Les premiers entretiens se tiendront à la rentrée 2012, ou au cours de l'année scolaire 2012/2013, et le dispositif mettra trois ans à se mettre en place.