Exit les néologismes, bonjour l'enrichissement de la langue française

Antoine Oury - 30.03.2015

Patrimoine et éducation - Patrimoine - néologismes terminologie - commission générale - enrichissement langue française


Le décret n° 2015-341 du 25 mars 2015, publié récemment au Journal officiel, fait état d'un changement de nom pour la Commission générale de terminologie et de néologie, un dispositif interministériel chargé de garder un œil sur l'état de la langue. Elle devient la commission d'enrichissement de la langue française, mais son fonctionnement n'est finalement que peu bouleversé.

 


Miss-tic, Paris, 1996,

Miss-tic, Paris, 1996 (Jeanne Menj, CC BY-ND 2.0)

 

 

Cette institution de la République était auparavant interministérielle : des personnalités de l'assemblée étaient nommées sur proposition des ministères chargés des Affaires étrangères, de la Culture et de la Communication, de l'Économie et de l'industrie, de l'Éducation nationale, de l'Enseignement supérieur, de la francophonie, de la Justice et de la Recherche. L'objectif affiché étant de mettre à niveau la langue rapidement sur le plan des termes techniques, à partir des observations des différents ministères concernés.

 

Le décret sur sa création, en 1996, ne disait pas autre chose :

En vue de favoriser l'enrichissement de la langue française, de développer son utilisation, notamment dans la vie économique, les travaux scientifiques et les activités techniques et juridiques, d'améliorer sa diffusion en proposant des termes et expressions nouveaux pouvant servir de référence, de contribuer au rayonnement de la francophonie et de promouvoir le plurilinguisme, il est créé une commission générale et des commissions spécialisées de terminologie et de néologie.

La commission d'enrichissement de la langue française est à présent « placée auprès du Premier ministre », et se compose de cette façon :

  1. Le délégué général à la langue française et aux langues de France ou son représentant ; 
  2. Le secrétaire perpétuel de l'Académie française ou un membre de l'Académie française désigné par lui ; un des secrétaires perpétuels de l'Académie des sciences ou un membre de l'Académie des sciences désigné par eux ; 
  3. Un représentant de l'Organisation internationale de la francophonie désigné par son secrétaire général ; 
  4. Dix personnalités qualifiées désignées par le ministre chargé de la culture sur proposition des ministres chargés respectivement de la justice, des affaires étrangères, de la culture, de la communication, de l'éducation nationale, de l'économie, de l'industrie, de l'enseignement supérieur, de la recherche et de la francophonie ; 
  5. Deux personnalités qualifiées désignées par le ministre chargé de la culture sur proposition du délégué général à la langue française et aux langues de France ; 
  6. Le président du Conseil supérieur de l'audiovisuel ou son représentant ; 
  7. Le président de l'Association française de normalisation (Afnor) ou un représentant désigné par lui. 
  8. La commission peut se faire assister, en tant que de besoin, d'experts choisis par le président en raison de leur compétence. 

Le secrétariat de la commission et ses dépenses de fonctionnement sont tous deux pris en charge par la délégation générale à la langue française et aux langues de France. 

 

Le système de veille et de mise à jour à partir des retours des différents ministères ne change pas vraiment : « Chaque ministre désigne un haut fonctionnaire chargé de la terminologie et de la langue française aux fins de susciter et de coordonner les actions d'enrichissement de la langue française dans les domaines relevant de son administration », précise le décret. Ce haut fonctionnaire sera en lien direct avec le délégué général à la langue française et aux langues de France.

 

La seule différence, c'est qu'il y avait auparavant une commission pour chaque ministère concerné, quand les observations et décisions concernant l'enrichissement de la langue française seront désormais publiées sous l'égide de la commission d'enrichissement de la langue française.

 

Les travaux de la Commission sont régulièrement publiés sur France Terme, un site du ministère de la Culture. La dernière publication de « Vous pouvez le dire en français », pour novembre 2014, institue par exemple les mots « stimulateur » pour « pacemaker », « parenthèse thérapeutique » au lieu de « drug holiday » ou « wash out » ou... « beuverie express » au lieu de « binge drinking ».

 

On se demande de quel ministère vient le dernier.