Face au ministère, Paris IX-Dauphine cède

Clément Solym - 27.02.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - université - frais - inscription


Laurent Batsch, président de l’université de Paris IX-Dauphine, a annoncé que son établissement se soumettra à la volonté du ministère de l’Enseignement supérieur de bloquer toutes ses ambitions de hausses des frais d’inscription pour la rentrée 2008.

Une hausse des frais d'inscription illégale

Le président ne souhaite pas mettre Paris IX-Dauphine dans l’illégalité mais il reste déterminer à voir ses moyens augmenter. Le Conseil d’Etat a rendu un avis négatif concernant l’augmentation générale des frais d’inscription de 800 euros en moyenne.

Pour la haute juridiction, l'université ne peut « requalifier » un diplôme national, dont les frais sont fixés par le ministère, en diplôme propre, à prix libre pour l'université, « à seule fin d'échapper à la réglementation des droits d'inscription ». Une université publique « a vocation, à titre principal, à délivrer des diplômes nationaux (...) et il en va de même pour un grand établissement ».

Paris IX-Dauphine n'enterre pas son projet pour autant

Le conseil d’administration de Paris IX-Dauphine a donc reporté son projet d’augmentation des droits d’inscription à la rentrée 2009. Une marge de négociation existerait avec l’instauration de diplômes propres (non reconnus par l’Etat) payants parallèlement aux diplômes nationaux.

Pour Laurent Batsch, « 20 à 25 % » des étudiants de l'université conserveraient des diplômes nationaux. Cette transformation permettrait de gagner « 4 à 5 millions d'euros » supplémentaires par an pour l’université.

Un traitement inégal des établissements supérieurs publics ?

Le président de l’université souhaite rapidement voir les choses évoluées au regard de l’inégalité de traitement qui existe entre son université et d’autres grands établissements parisiens, comme Sciences Po. M. Batsch ambitionne cependant que son université reste une « alternative aux grandes écoles ».