Fête nationale : Tous à la Bastille !

Clément Solym - 14.07.2013

Patrimoine et éducation - Patrimoine - fête nationale - 14 juillet 1789 - prise de la Bastille


En cette matinée de fête nationale, où résonneront dans les cieux les fiers emblèmes de l'aviation, avec leurs jets rouges, blancs et bleus, et leurs cascades multiples, souvenons-nous que ce 14 juillet commémore avant tout la prise de la Bastille. Symbole étrange, tant la forteresse était désertée quand les insurgés s'en emparèrent, mais ne critiquons pas nos ancêtres. Enfin, pas trop.

 

 

 

 

Google, lui, s'est déjà mis en tête d'assister au ballet des chevaliers du ciel, et en a même conçu un doodle pour l'occasion. Google aux couleurs françaises, cela laisse tout de même songeur, quand on pense à la complexité des relations avec la firme américaine. Pas nécessairement en lui en imputant toute la responsabilité, d'ailleurs.

 

XIV Juillet, donc, voici un petit parcours de lectures à ne pas négliger, puisées dans notre bibliothèque numérique, et qui balayeront largement le spectre de la Bastille.

 

 

Un peu de littérature, donc avec La prise de la Bastille, Gloire populaire, pièce de théâtre de Theodore Henri Vilmot, de 1803.

 

 

Un prisonnier de la Bastille avec femme et enfant (ou fille et maîtresse, sait-on jamais ?)

 

 

La prise de la Bastille, ou le despotisme vaincu, un poème en trois chants par le Marquis de La Fayette, paru en 1790, l'année suivant les événements ! 

 

Je chante ces héros, ce peuple magnanime , 

Ces soldats généreux, que l'honneur seul anime , 

Qui, prodiguant leur sang pour notre liberté, 

Nous ont enfin conquis ce bien tant souhaité. 

Toi qui leur inspiras cette ardeur intrépide, 

Toi, qui, dans leurs desseins, leur a servi de guide, 

Pour chanter dignement leurs immortels exploits, 

Amour de mon pays, j'emprunte ici ta voix. 

Dis, comment ces guerriers, soldats de la Patrie 

Affrontant les périls & méprisant la vie y 

Au milieu de l'airain tonnant de toutes parts, 

Forcerent nos tyrans vaincus dans leurs remparts.

 

Plus historique, avec MM Auguste Maquet, Jean Alboize et François Arnould, qui écrivirent en 1844 une Histoire de la Bastille depuis sa fondation, 1374 jusqu'à sa destruction, 1789.

 

En effet, nous établirons facilement que le progrès naturel des temps, l'adoucissement des mœurs, les envahissements progressifs du pouvoir parlementaire, envahissements bien peu sensibles, mais incontestables, n'influèrent pas sur le régime de la Bastille. La sombre forteresse, dans laquelle rien ne pénétrait que de la part du roi, n'admit en son sein ni les remontrances ni les remords; elle resta, comme la royauté, inflexible, sourde, féroce.

 

Plus sociologique, cette fois, l'ouvrage de 1790 de Jean Dusaulx, qui traite De l'insurrection parisienne et de la prise de la Bastille, considérations morales sur la révolution de 1789.

Les piques, les dards, les fourches et les lambeaux du drapeau de la Bastille flottant sur son passage, loin d'altérer sa sérénité, répandirent sur son auguste front un caractère civique, absolument étranger à la plupart de nos monarques. Sa candeur et sa sécurité, signes certains de sa droiture, nous devinrent garants de la liberté que nous venions de conquérir.

Descendant de voiture et prêt à monter à l'Hôtel de Ville, Sa Majesté reçut avec sensibilité la cocarde nationale. Il entre, escorté par de nouveaux gardes dont il n'a voit plus besoin ; et les représentants de la nation, mêlés aux électeurs, le proclament tout d'une voix monarque légitime, régénérateur, de la nation françoise.

Il se livroit à nous , s'abandonnoit à tout le monde. On lui baisoit les mains , on baisoit jusqu'à la trace de ses pas : de temps en temps se redoubloient les transports d'amour et de reconnoissance. Le peuple, en dehors, répondoit à nos acclamations: il voulut yoir le Roi, et le Roi se montra.

 

Et d'autres choses à découvrir encore à cette adresse.