Fidel Castro a corrigé des manuscrits de Gabriel García Márquez

Elodie Pinguet - 08.12.2016

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Acteur de la révolution cubaine et dictateur, Fidel Castro a également œuvré dans l’ombre sur les textes d’un Nobel de la littérature, Gabriel García Márquez. Il a corrigé plusieurs des manuscrits de l’auteur dès la fin des années 1970.

 

 

 

Fidel Castro est impliqué dans la littérature mondiale. L’ancien président cubain, décédé le 25 novembre, aurait été un correcteur non officiel pour Gabriel García Márquez, surnommé Gabo. Il était lui-même grand lecteur et une profonde amitié est née entre les deux protagonistes après leur rencontre en 1977.

 

C’est le Dr Stéphanie Panichelli-Batalla, chargée de cours à l’Aston University et co-auteure d’un livre intitulé Fidel et Gabo, qui a donné quelques explications : « Ils ont eu plusieurs conversations sur la littérature et finalement Fidel a proposé de lire ses manuscrits parce qu’il avait un bon œil pour les détails. » Apparemment, l’auteur faisait parvenir ses manuscrits chez Fidel Castro à La Havane avant de les transmettre à son éditeur.

 

Ainsi, Fidel Castro a apporté diverses corrections grammaticales et factuelles aux écrits de son ami, mais n’a fait aucun changement thématique ou idéologique. Par exemple, dans le livre The Story of a Shipwrecked Sailor, Fidel a fait remarquer à Gabo une erreur de calcul sur la vitesse du bateau.

 

Il faut se rappeler que Gabriel García Márquez était lui aussi un partisan de la révolution cubaine. Néanmoins, Anna Hervé, directrice d’édition, a précisé qu’une telle entente et collaboration était rare : « La plupart des grands artistes se définissent en opposition à l’élite de l’ère moderne. Et les dictateurs ont notoirement mauvais goût, en règle générale. »

 

Le lauréat du prix Nobel était apprécié de plusieurs leaders mondiaux comme le montre par exemple une copie espagnole de My Life, mémoire de Bill Clinton. On peut y lire : « À mon ami Gabriel Garcia Marquez, avec nos remerciements pour votre vie, votre inspiration et votre gentillesse. » Stéphanie Panichelli-Batalla a déclaré que suite à une conversation entre Gabriel Garcia Marquez et l’ancien président américain, plusieurs dissidents cubains avaient été libérés.

 

On ne sait pas s’il y a eu échange de services entre les deux hommes, mais des traces d’une entente certaine ont été découvertes dans un livre de Gabo où Fidel a écrit une note en 2010 : « Votre livre Yo No Vengo a Decir un Discuroso est boulversant. Esclave d’autres obligations, j’ai abandonné mon devoir et j’ai commencé à lire. La peste en Haïti m’a rappelé Love in a Time of Cholera. »

 

Via The Guardian