Finlande : Bientôt la fin de l'enseignement de l'écriture cursive en classe

Julien Helmlinger - 27.11.2014

Patrimoine et éducation - A l'international - Finlande - Ecriture manuelle - Apprentissage - éducation


Une décision qui suscite la polémique depuis la Finlande : comme c'est déjà le cas aux Etats-Unis, une majorité d'enfants finlandais n'apprendront bientôt plus à écrire manuellement, mais seront dès l'école habitués à taper leurs écrits. L'Education nationale locale a estimé que la maîtrise de l'écriture sur clavier était désormais plus importante, à l'ère numérique. La réforme est en marche et devrait être appliquée dans le pays dès la rentrée scolaire 2016.

 

 

writing in the journal

CC BY 2.0 par Erin Kohlenberg 

 

 

Si certains employeurs s'attendent encore à réceptionner des candidatures manuscrites, il leur faudra probablement se résigner et s'estimer heureux qu'elles ne soient pas formulées en langage SMS. Outre-Atlantique, 45 des 50 États américains ont d'ores et déjà exclu l'écriture cursive, ou « en attaché », du socle commun des connaissances. Le débat s'invite désormais en Europe.

 

Minna Harmanen, membre du Conseil national de l'éducation finlandais, argumente en faveur de la réforme en proclamant que désormais « savoir dactylographier aisément est une compétence essentielle. [...] Ce changement sera certes une transformation culturelle majeure, mais savoir taper sur un clavier est plus pertinent à l'heure actuelle ».

 

Évidemment, la polémique s'empare du sujet. Il reste des questions à prendre en compte, non seulement celles matérielles, mais aussi d'autres d'ordre plus philosophique. D'un côté, avec pareil système, il s'agira de s'assurer que chacun aura accès aux technologies nécessaires pour taper ses écrits, et certains sceptiques se demandent ce qu'il adviendrait en cas de pannes de clavier.

 

D'autre part, il est des commentateurs qui estiment que la disparition de l'écriture manuscrite, comme de l'art de la calligraphie, constituerait une véritable régression pour l'humanité. Le linguiste et professeur Alain Bentolila , de l'université Paris Descartes, s'oppose à ce genre de réforme. 

 

Selon lui « ce fait de tracer sereinement des lettres et des mots permet à mon esprit de les porter. Ce qui n'est pas le cas avec des machines ou des tablettes ».

 

Du côté des experts, on soutient que l'apprentissage de l'écriture à la main développerait effectivement les facultés de motricité fine des enfants. Certains estiment toutefois que de le remplacer par des exercices de bricolage ou de dessin devrait avoir un impact similaire sur leurs cerveaux.

 

En France, d'après Alain Bentolila, il existerait un consensus dans l'enseignement public comme privé qui devrait assurer encore de beaux jours à l'écriture cursive en salles de classe.