Douce langue française... qui vaut bien un million d'euros

Clément Solym - 03.06.2015

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Fleur Pellerin - langue française - maîtrise langage


Le ministère de la Culture organise un appel à projets, avec une cagnotte d’un million d’euros, pour accompagner des opérations « qui favorisent la maîtrise de la langue française ». Consolider la société passe par le véhicule linguistique, note la rue de Valois, et « contribue ainsi au partage des valeurs », qui la sous-tendent. 

 

L'art à La Défense. Patrie, tradition et famille.

Gilles Klein, CC BY SA 2.0

 

 

S’inscrivant dans la continuité du Comité interministériel pour l’Égalité et la Citoyenneté du 6 mars dernier, Fleur Pellerin propose donc d’accompagner des projets qui se mettront au service de la langue française.

 

Pour qui manquerait d’imagination, la ministre donne des précisions : « Pratiquer une discipline artistique, être en contact avec des œuvres, participer à des activités culturelles sont des moyens très directs et efficaces pour manier et s’approprier une langue, dont la maîtrise favorise en retour l’accès à la culture dans son ensemble. » 

 

Les missions et impératifs à remplir sont clairs, « renforcer les capacités d’expression en français », et ce, à destination de ceux qui estiment ne pas avoir une maîtrise suffisante de la langue. 

 

Il s’adresse en particulier aux enfants, dans le cadre de projets d’éducation artistique et culturelle menés en dehors du temps scolaire, aux jeunes de 16 à 25 ans sans qualification et sans emploi, aux étrangers qui ont une autre langue maternelle, aux personnes en situation d’illettrisme, ainsi qu’aux personnes détenues, adultes ou mineurs, et aux mineurs sous main de justice.

 

 

Attention : ne proposer des cours de diction à travers les œuvres de Marcel Proust ni des dictées inspirées des textes de Boileau. Le ministère présente deux modèles d’actions qui pourraient recevoir une partie de la cagnotte : 

 

  • Des projets qui permettent de doter les intervenants des réseaux de la culture et du champ social d’outils de formation ou de kits d’intervention, aisément transposables dans d’autres situations et qui sont ainsi généralisables.
  • Des projets ancrés dans les territoires, qui mettent les dispositifs d’action culturelle (lecture publique – bibliothèques, médiathèques –, théâtre, improvisation, chanson, accès au patrimoine, pratiques numériques...) au service de la maîtrise du français pour les publics visés.

 

Les publics prioritaires visés par cet appel à projets national sont :
les publics scolaires en insécurité linguistique lorsque le projet vise à amplifier des actions d’éducation artistique et 

culturelle conduites hors temps scolaire pour favoriser la maîtrise du français
les 16-25 ans sans qualification et sans emploi
les personnes détenues, adultes ou mineurs, ainsi que les mineurs sous main de justice
les étrangers allophones (hors dispositif de formation linguistique dans le cadre du contrat d’accueil et d’intégration) les personnes en situation d’illettrisme 

« Une attention particulière sera portée aux projets concernant les quartiers prioritaires relevant de la politique de la ville », indique le ministère. 

 

Les structures éligibles 

les associations et organismes culturels, qu’ils relèvent de l’État ou des collectivités territoriales, dès lors qu’ils s’associent à des structures de proximité ; 

les associations et organismes œuvrant dans le champ de la formation au français langue étrangère, la lutte contre l’illettrisme, l’action socioculturelle (éducation populaire, associations de solidarité notamment). 

 

Enfin, le calendrier sera le suivant : 

Clôture de l’appel à projets : 20 juillet 2015

Instruction des projets d’outillage des réseaux par la DGLFLF : 20 juillet – 31 août 2015

Instruction des projets locaux par les DRAC : 20 juillet – 31 août 2015

Réunions du comité de sélection : 1er septembre – 15 septembre 2015

Annonce des résultats et délégation des crédits aux DRAC : 18 septembre 2015

 

Le comité de sélection est réuni début 2016 pour prendre connaissance et valider le bilan intermédiaire des projets retenus. Il sera ensuite réuni avant l’été 2016 pour prendre connaissance et valider le bilan final des projets retenus, de même que l’évaluation de l’appel à projets.

 

Le formulaire de candidature pourra être trouvé à cette adresse. Et la présentation détaillée de l’appel à projet, à cette adresse.


Pour approfondir

Editeur : Gallimard
Genre : lettres et...
Total pages : 72 pages
Traducteur :
ISBN : 9782070452293

Défense et illustration de la langue francaise

Quand en 1549, Joachim Du Bellay fait paraître La Défense et Illustration de la Langue française, il entend, on le sait, affirmer la «vénusté et dignité» du français face au grec et au latin, mais aussi combattre le «Monstre Ignorance» et surtout assigner aux poètes la tâche de refonder et d’enrichir une langue tenue pour «vulgaire et barbare». Autres temps, autres barbaries, autres combats mais peut-être même nécessité et même devoir : ne revient-il pas aujourd’hui aux écrivains, aux poètes, face à la domination d’une langue «moyenne» hâtive et désinvolte, asservie aux visées manipulatrices de la communication, de maintenir et de refonder sans cesse une langue affranchie, de revendiquer, par objection souvent, le droit à la nuance, au subtil, à la densité et à l’imprévu? Dans cet ouvrage qui fait écho au manifeste de Du Bellay, onze poètes évoquent, analysent et confrontent en toute liberté leur attachement à la langue française : François Cheng, Jacques Roubaud, Michel Deguy, Alain Borer, Jacques Réda, Marie-Claire Bancquart, Michel Butor, Silvia Baron Supervielle, Tahar Ben Jelloun, Vénus Khoury-Ghata, Marcel Moreau.

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