Formation des enseignants : le ministère de l'Education commence à revoir sa copie

Clément Solym - 24.05.2011

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - éducation - formation - enseignants


Décidément, plus l’échéance électorale approche et plus le gouvernement de Nicolas Sarkozy semble tendre l’oreille pour se rendre sensible aux critiques qui ont pu être faites sur chaque grande réforme lancée depuis 2007. Celle touchant le recrutement et la formation des futurs enseignants ne déroge donc pas à la règle et se voit retoquée pour apporter davantage d’alternance dans le master.

Suite à la réforme, les lauréats du concours sont, cette année, mis à temps plein devant les élèves sans aucune formation préalable. Des temps d’échanges viennent simplement s’ajouter, pour ces stagiaires, à des semaines déjà lourdement chargées. Avant la réforme, les stagiaires ne faisaient qu’un mi-temps face aux élèves quand le reste de leur semaine était consacré à des modules de formation.

Luc Chatel, de passage à l’université de Cergy-Pontoise, a annoncé qu’il fallait donc revoir les masters « enseignement » rapporte l’AFP. Dès la rentrée prochaine, le déroulement de ces deux années se fera en alternance entre cours théoriques et immersion en établissement scolaire. Pour l’instant, le dispositif reste expérimental car il ne touchera qu’une trentaine d’universités.


En master 1, les étudiants souhaitant s’orienter vers le métier d’enseignant pourront s’engager, en parallèle de leur formation universitaire, soit dans un contrat d’enseignement de trois à six heures par semaine, soit dans un poste d’assistant pédagogique à mi-temps. L’un offrira de trois à six mille euros par an quand l’autre donnera droit à 560 euros par mois, rémunération cumulable avec les bourses.

La présentation publique de cette première amélioration fut l’occasion pour Luc Chatel de donner habilement dans la communication afin de nier toute remise en cause de la réforme initiale, refusant de cautionner le discours selon lequel elle aurait engendré des démissions d’enseignants anormalement élevées.

Une chose est cependant certaine : le nombre de candidats aux concours a réduit comme peau de chagrin ces dernières années, suivant en cela le rythme des suppressions de postes. A croire que la profession perd de son attractivité.