France : Les manuels scolaires et la question du génocide arménien

Clément Solym - 31.08.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - génocide - arménien - manuel


L'annonce du nouveau programme des 3e en France a enclenché une levée de barricades des officiels Turcs, contre l'enseignement du génocide arménien (1915) à l'école. Un geste de l'ancien gouvernement qui pourrait une nouvelle fois bouleverser les relations avec la Turquie, qui avait bon espoir de reconstruire des relations alors tendues avec Paris après l'élection du nouveau président.

 

Erevan

 

À trois ans du centenaire, voilà une question qui porte sur les arrières grands-parents des actuels enfants scolarisés. Pourtant, elle ne cesse d'attiser les foudres du parlement turc.

  

François Hollande a dû s'expliquer, arguant que les programmes scolaires sont décidés par une commission, ayant été réunie bien avant l'élection du nouveau président. Les nouveaux programmes d'histoire sont donc le fruit de la réforme lancée par Xavier Darcos et Luc Chatel.

 

Cependant, comme à l'habitude la nouvelle a irrité l'ambassadeur turc, Tahsin Burcuoğlu, mais aussi Egemen Bağış qui a profondément critiqué la démarche, invitant étrangement les Français à réexaminer leur conception en s'inspirant un peu plus de leur devise « Égalité, Liberté, Fraternité ».

 

« J'espère qu'ils réaliseront rapidement leur erreur et qu'ils la corrigeront », déclare Egemen Bağış lors d'un discours organisé par la TIKA. Et d'ajouter : « La Turquie n'a jamais connu de génocide ».

 

Mais la rentrée scolaire ne fait que soulever une énième polémique entre la Turquie et l'Arménie. D'autant plus que le génocide de 1915, décidé par l'Empire ottoman, était déjà enseigné en 3e et en terminale depuis quelques années, mais de façon plus succincte. Car aujourd'hui, ce sont deux pages complètes d'explications et de photos qui viennent appuyer l'événement.

 

L'an dernier déjà, une polémique avait encore secoué les relations France / Turquie après que le Parlement français a voté en faveur du projet de loi censurant le négationnisme du génocide arménien. La Turquie avait annulé toutes les réunions économiques, politiques et militaires avec la France en décembre. Rapidement, le Conseil constitutionnel avait censuré, l'hiver dernier, cette même loi. Actuellement, François Hollande voudrait qu'un nouveau texte sur la pénalisation du négationnisme soit proposé à l'automne.