Généalogie : une plateforme américaine recense tous les esclaves affranchis

Camille Cado - 06.01.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - généalogie internet gratuit - The Freedmen’s Bureau Project - base de données affranchis


La plateforme américaine Discoverfreedmen.org référence à ce jour près de 1,8 million de noms d'esclaves affranchis. Un riche catalogue désormais consultable en ligne pour permettre à tous les Afro-américains de renouer avec leurs ancêtres et d’en savoir un peu plus sur leur arbre généalogique. Le site est l'aboutissement d'un projet plus large intitulé The Freedmen’s Bureau Project qui a pour but la numérisation de tous documents sur les réfugiés et les affranchis post-guerre civile américaine. 

crédit : Freedman’s Bureau Project


Cette base de données a été rendue possible par le Bureau des réfugiés, des affranchis et des terres abandonnées, habituellement désigné sous le nom de Freedmen’s Bureau. Initiée par Lincoln en 1865, cette agence gouvernementale avait pour but de venir en aide à ceux affectés par la guerre civile américaine.

Si l’organisation a disparu en 1872, elle a été au cœur de nombreuses initiatives. En effet, elle a permis la construction de plusieurs hôpitaux, d’églises ainsi que de 4000 écoles et d'une université à Atlanta. Elle a également fourni des rations et des vêtements aux anciens esclaves qui manquaient de moyens. En ce sens, le Freedmen’s Bureau a créé des « millions de documents », affirme le Musée national de l’histoire et de la culture afro-américaine (NMAAHC).

« Ces archives contiennent les noms de centaines de milliers de personnes, dont des anciens esclaves », reprend l’institution. Des renseignements précieux du point de vue de l’histoire ou de la généalogie qu’il fallait, sans aucun doute, numériser.
 

Retrouver les traces de ses aïeux...


Le projet a été supervisé par la Smithsonian Institution, les Archives nationales, la Société afro-américaine d’histoire et de généalogie (AAHGS) ainsi que l’Église mormone des États-Unis et la FamilySearch, plus grande organisation de généalogie au monde, qui recense 5 milliards de noms. 

« Grâce aux nouvelles technologies, à la numérisation et au soutien de plus de 25.000 bénévoles, le Freedman’s Bureau Project a vu le jour », explique Follis Gentry, spécialiste en généalogie au NMAAHC. « Il rend accessibles les informations de toute une époque qui a transformé aussi bien l’Afrique que les familles ou la nation américaine et nous permet à tous d’élargir notre compréhension du passé. »

La plateforme comprend désormais près de 1,8 million de noms d’affranchis, enregistrés par les employés du Freedman’s Bureau 150 ans auparavant. Une incroyable base de données qui a pour but de permettre à des millions de personnes descendant d’esclaves ou de réfugiés de retrouver leurs ancêtres et de dresser petit à petit leur arbre généalogique.

Le principe est simple, il suffit à l’utilisateur de taper le nom de son ancêtre et la base de données lui permettra de consulter des documents historiques relatifs à ce nom. Par exemple, des registres de mariage, des actes de décès, ou des documents sur les propriétaires des esclaves.
 

« Les documents laissés par le Freedmen’s Bureau à travers ses travaux entre 1865 et 1872 constituent la source documentaire la plus riche et la plus complète à ce jour disponible pour se documenter sur l’histoire afro-américaine dans les époques de l’après-guerre civile » ont déclaré les Archives nationales.
 

... pour affronter les problématiques contemporaines


Pour Sharon Leslie Morgan, fondatrice de Our Black Ancestry Foundation, cette nouvelle ressource est plus que nécessaire. « Pour que nous puissions vaincre les problèmes auxquels nous sommes confrontés aujourd’hui comme le racisme et la violence, on doit affronter le passé », avait-elle déclaré à USA Today

« La terre a été volée aux Amérindiens. Le travail a été fourni gratuitement par des esclaves africains. Toute la fondation du capitalisme américain est basée sur l’esclavage, un marché où le travail était gratuit. Les gens ne veulent pas faire face à cela, nous le devons. »

Si tous les documents de The Freedmen’s Bureau n’ont pas encore été numérisés, la plateforme est d’ores et déjà disponible à cette adresse.



Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.