Geneviève Fioraso aimerait voir bouger l'enseignement supérieur

Julien Helmlinger - 22.03.2013

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Geneviève Fioraso - Enseignement supérieur - Education


La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche projette d'optimiser l'attractivité de l'université en France et favoriser les rapprochements avec les grandes écoles. Et tandis que 5 années se sont écoulées depuis la loi « Loi Pécresse » de 2007, alors qu'elle vient de présenter son projet de loi d'orientation en Conseil des ministres, le moment semble propice à faire le point sur l'ambition et la portée du texte de Geneviève Fioraso.

 

 

Fioraso visitait aujourd'hui l'université de Bourgogne 

 

 

Et Le Figaro Etudiant publiait hier une interview de la ministre. Elle était interrogée quant à la manière dont elle situait son projet en comparaison à la « LRU » soutenue par Valérie Pécresse, au sujet de ses ambitions et moyens, et invitée à s'expliquer à propos de la mise en place de « quotas » d'orientations.

 

Son projet de loi ne fait pas l'unanimité, notamment au sujet des moyens donnés aux universités et des craintes quant à une possible aggravation de la situation, questions qui ont conduit aujourd'hui à l'appel à la grève de l'intersyndicale regroupant des militants FSU, FO et CGT, soutenus par les collectifs Sauvons la recherche (SLR) et Sauvons l'université (SLU).

 

Redonner la confiance et l'envie de bouger aux Français

 

Comme le défend Geneviève Fioraso, son projet de loi s'adresse aux familles et vise l'intérêt général, par opposition à une « loi de gouvernance comme l'était la loi LRU ». Celui-ci se distinguerait en privilégiant davantage la préservation de la recherche fondamentale, dans l'optique de redonner confiance aux Français, et ce, en « simplifiant ses modalités de financement et d'évaluations, tout en développant la recherche technologique et son transfert vers le milieu économique ».

 

Si les sceptiques attaquent parfois la ministre en dénonçant un manque de moyens et d'ambitions, elle estime avoir hérité d'une position délicate. Elle met en cause cette loi Pécresse, où le transfert de responsabilité se serait fait « à la hussarde, sans prendre le temps d'en évaluer le coût ». 

 

Les syndicats lui reprochent de rompre avec la politique néolibérale en faveur de l'autonomie des universités, la ministre entend quant à elle défendre l'idée d'une « véritable autonomie, basée sur la confiance et accompagnée par un état stratège ».

 

Geneviève Fioraso ajoute : « Je ne suis pas une idéologue, je suis une pragmatique. Aujourd'hui, nous remettons les choses en mouvement. À l'heure où l'Asie et les pays émergents bougent, il faut que nous bougions aussi. »

 

Et des quotas d'orientation pour un meilleur taux de réussite

 

Au sujet des recommandations du Conseil d'Etat, visant à promouvoir la mise en place de quotas d'orientation, afin de rediriger les titulaires d'un Bac professionnel ou technologique vers les IUT et BTS, la ministre déclare : 

 

« Car les choses doivent bouger: ces filières doivent accueillir moins de bac S avec mention et davantage de bac techno et pro. Ces derniers réussissent mieux dans ces filières qu'à l'université. Il faut savoir qu'à la fac, le taux de réussite des bacheliers pro atteint à peine les 5%. Quand on sait que les bacheliers pro et techno représentent désormais 51% des bacheliers, on comprend que l'enjeu est considérable. »

 

Geneviève Fioraso confie en outre oeuvrer de concert avec Vincent Peillon, dans l'idée d'optimiser l'information des jeunes en matière d'orientation scolaire, avant leur arrivée au lycée, et les avertir ainsi en amont si une filière d'étude s'avérait bouchée.

 

La ministre a confirmé sa volonté de rapprocher davantage universités et grandes écoles, mais sans toutefois les confondre. « Les deux systèmes, qui se retrouvent au niveau des mastères et surtout des doctorats, ont besoin l'un de l'autre. Nous rapprochons donc les classes prépas des universités par des conventions. L'idée est aussi de faire intervenir des chercheurs en prépa. Par ailleurs, les “communautés d'universités” prévues dans le projet permettront de regrouper universités, organismes de recherche et écoles, chacun pouvant conserver son statut. »