medias

George IV, roi d'Angleterre, était fan de Jane Austen : elle le détestait

Nicolas Gary - 26.07.2018

Patrimoine et éducation - A l'international - Jane Austen romans - Prince Régent Angleterre - Raison sentiments Austen


Jane Austen et le Prince régent, futur George IV, ne connurent pas le même destin d’Elisabeth Bennett et Fitswilliam Darcy. Pourtant, le futur roi était fan inconditionnel de Jane, admiratif devant ses romans. Tout particulièrement Sense and Sensibility (Raison et sentiments en VF). Sauf que le plaisir était loin d’une réciprocité évidente.



George IV, au fait de sa gloire (Thomas Lawrence, 1822)
 

 

En réalité, Jane Austen ne supportait pas le Prince régent. Et ironie de ce coquin de sort, a découvert un doctorant de l’université de Pennsylvanie, Nicholas Foretek, il fut le tout premier client du roman en question. Comment est-il possible d’en être aussi assuré ? Simple.

 

Un exemplaire de Sense and Sensibility a été découvert dans les archives royales du château de Windsor : il fut à l’époque acheté pour 15 shillings, et la transaction est datée du 28 octobre 1811. Et ce, deux jours avant que la première annonce au public ait été faite. D’autant que le roman fut publié anonymement, et ne connut qu’une gloire médiocre : son succès vint avec une nouvelle impression, en 1813. 
 

 

Le Prince faisait figure d’extravagant à son époque, on lui imputa même d’avoir contribué à démoraliser la société plus qu’aucun avant lui. Le neveu de l’auteure, dans un ouvrage de 1869, A Memoir of Jane Austen, dévoila toute l’admiration du Prince, que lui avait confiée son médecin personnel. Il lisait tous les romans de Jane, et en conservait un exemplaire dans chacune de ses résidences. 

 

Austen aurait même été informée qu’elle était libre, si elle avait un roman à faire paraître, de le dédier au prince. 

 

Tout cela était bel et bon, et aurait même pu alimenter les gazettes mondaines et tabloïds de l’époque. Sauf que Jane Austen ne supportait pas le bonhomme. En effet, ses infidélités à Caroline de Brunswick, étalées sur la place publique, avaient provoqué la colère de la romancière. Elle avait alors pris fait et cause pour la malheureuse, jurant qu’elle la soutiendrait aussi longtemps qu’elle le pourrait, « parce que c’est une femme et que je déteste son mari ». 

 

Solidarité sainte de la gent féminine, diront certains. 

 


Caricature du roi

 

Mais l’auteure dut également faire face à des suggestions émanant du bibliothécaire du prince, le révérend James Stainer Clarke, qui lui proposait de nouvelles orientations pour ses écrits. En somme, le pasteur lui avait soufflé l’idée qu’elle pourrait s’inspirer de son existence pour écrire les aventures d’un ecclésiastique qui devait passer son temps entre la ville et son village natal. Ou encore, un roman historique sur la famille royale – offre qu’elle sut décliner avec habileté. 

 

Devenu roi en 1820, le Prince continua de soutenir en secret le travail de la romancière, complétant régulièrement sa collection de livres. Nul doute que cette découverte engendra les fanfictions les plus enfiévrées – ou la comédie de mœurs la plus insupportable, sur la réalité des liens entre Jane et George...



Preuve d'achat : trop tard pour le remboursement

 

via New York Times




Commentaires

Pas de commentaires

Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.