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Giacomo Leopardi : un manuscrit de l'Infinito devenu contrefaçon

Nicolas Gary - 28.07.2014

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Giacomo Leopardi - manuscrit contrefaçon - Italie enchères


Giacomo Leopardi est connu en Italie comme le plus grand poète du XIXe siècle. Mort à Naples en 1837, il aurait influencé durablement les héritiers du romantisme littéraire. Dans la lignée de ses écrits, on retrouve des auteurs tels que Schopenhauer, ou même Kafka, et plus largement, les existentialistes. Poète, certes, philosophe, écrivain et moraliste, des spécialistes l'avaient remis à l'honneur, convaincus d'avoir découvert une lettre manuscrite inédite.

 

 

 

 

C'est la fin d'une escroquerie, annonce la Soprintendenza archivistica del Lazio : cette contrefaçon allait être en effet mise aux enchères pour 150.000 €, par la maison de Rome, Minerva Auctions. Et la région des Marches, où naquit le poète, était prête à l'acheter, à grand renfort d'argent public, pour ses collections. 

 

« C'est une copie, un parfait fac-similé », explique l'institution, chargée de son identification. Un authentique faux, qui faisait rêver. Les deux responsables de la vente, Luciano Innocenzi, enseignant retraité et Luc Perninci, directeur de la bibliothèque publique des Marches, sont actuellement entendus par la police.

 

Selon les autorités, les deux comparses savaient que le document présenté était un faux, ayant été avertis par Leopardi Vanni, un descendant du poète. Le manuscrit autographe aurait alors été le troisième exemplaire découvert, après celui de Naples et de Visso. 

 

L'Infinito, nom du texte, ne cesse en tout cas pas de faire débat. Le Procureur de Macerta a dans tous les cas ouvert une enquête pour déterminer exactement la nature de ce document. Il avait été présenté comme authentique, au cours d'une conférence à l'université de Macerata, s'appuyant sur l'examen graphologique de Marcelle Andria, spécialiste dans l'écriture du poète. 

 

Luc Perninci assure pour sa part avoir « trouvé le document par accident, et n'ai jamais assuré qu'il était vrai ». Il faisait des recherches sur tout autre chose, pour un collectionneur, et s'est retrouvé devant le texte. « N'étant pas un spécialiste, je l'ai donné à des chercheurs de l'université de Macerata, et deux d'entre eux, après des mois d'étude, ont conclu à son authenticité. »

 

Il n'en a pas moins été incarcéré pour répondre aux questions de la police. Selon l'article 178 du code du Patrimoine culturel, les deux hommes pourraient être poursuivis pour commercialisation d'oeuvres contrefaites. 




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