Google cède face aux étudiants : plus de pub dans les cours

Antoine Oury - 05.05.2014

Patrimoine et éducation - A l'international - Google - Apps for Education - data mining


Certes, Google ne s'est jamais défendu de scanner les emails et autres contenus, afin de collecter des données personnelles susceptibles d'intéresser quelques agences de publicité. Mais inclure des annonces dans ses contenus pédagogiques, et pratiquer allégrement le data mining auprès des étudiants et au sein des écoles, était autrement plus délicat.

 

 

Google got a new PR department

(Patrick Barry, CC BY-SA 2.0)

 

 

En mars dernier, la Cour de Californie du Nord examinait une plainte déposée par neuf étudiants, qui visait directement le moteur de recherche pour des publicités ciblées et de la récupération de données personnelles. Des pratiques jugées abusives et beaucoup trop implicites pour être honnêtes, d'après eux.

 

D'autant plus que cette collecte de données s'effectue via le programme Apps for Education, celui-là même qui est fourni aux étudiants par les universités, suite à des partenariats avec le géant de l'Internet. « La vie privée des étudiants est menacée », assène sans détour Khaliah Barnes, avocate de l'Electronic Privacy Information Center.

 

Les positions des différents établissements sont variables : certains refusent l'entrée de Google, pour des questions de respect de la vie privée, comme à Houston, mais d'autres sont bien moins regardants, surtout au vu des économies substantielles que permet le programme de Google, par ailleurs préinstallé sur les Chromebook, ces ordinateurs low-cost particulièrement appréciés par les universités.

 

Google, de son côté, avait rappelé que « les publicités dans Gmail sont coupées par défaut dans Google Apps for Education, et nous n'avons pas l'intention de changer cela dans le futur ». Par ailleurs, les conditions d'utilisation du service évoquent évidemment le data mining, et tout étudiant semble contraint de les accepter avant d'utiliser le service...

 

Toutefois, le ministère de l'Éducation américain a récemment rappelé que le Family Educational Rights and Privacy Act, promulgué en 1974, s'appliquait toujours à l'ère numérique, et donnait quelques cas pratiques pour mieux se repérer. Pour l'un d'eux, il appliquait la loi à la situation où un opérateur fournit un service aux étudiants, et précise qu'« il ne doit pas utiliser les données des étudiants collectées sur leurs contenus pour proposer des publicités aux individus ».

 

Les règles applicables dans un cadre pédagogique restent très floues, mais Google a finalement baissé sa garde, et annoncé qu'il allait cesser toute collecte de données à des fins publicitaires via Apps for Education. Il pourrait en faire de même avec d'autres secteurs utilisant ses services, comme le gouvernement, la justice ou certains domaines commerciaux. 

 

Un fichage ciblé, en somme.