Grande-Bretagne : les éditeurs scientifiques prêts pour le libre accès

Clément Solym - 09.05.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - travaux universitaires - Grande-Bretagne - libre accès


Un peu plus d'une semaine après le discours du Ministre britannique des Universités, qui déplorait l'augmentation drastique des paywalls chez les éditeurs scientifiques, ceux-ci viennent de valider son diagnostic par le biais de l'Association Internationale des éditeurs scientifiques, techniques et médicaux (STM), et assurent le Ministre de leur collaboration.

 

« Tenter de préserver l'ancien modèle, c'est le mauvais combat à mener » expliquait il y a peu le Ministre britannique des Universités, qui souhaite éviter aux éditeurs de documents universitaires le même avenir que les majors musicales. (voir notre actualitté) Dans un article paru dans les colonnes du Guardian et signé David Willetts, le ministre précise sa ligne de conduite, et conclut : « Notre engagement pour le libre accès à la recherche universitaire contribuera à renforcer la révolution de l'information, et à mettre plus de données et de pouvoir dans les mains des individus. »



Bénéficiant de la crédibilité du fondateur de Wikipédia, Jimmy Wales, qui apportera son aide dans la création de la plate-forme de libre accès, Willetts pourra également compter sur les éditeurs universitaires, ou du moins sur une bonne partie d'entre eux. L'Association Internationale des éditeurs scientifiques, techniques et médicaux a publié sur son site Internet une pétition intitulée « Les éditeurs soutiennent un accès libre viable », signée pour l'instant par une cinquantaine de maisons ou groupes d'édition.

 

Soutien, certes, mais également réserve, principalement vis-à-vis du système de financement et de rémunération du libre accès. David Willetts a dévoilé les grandes lignes d'une monétarisation reposant sur un système de code de couleurs, vert et or. « La première donne un accès exclusif aux abonnés au terme duquel les articles sont accessibles par tous. L'autre envisage un financement différent, pour autoriser une consultation immédiate. »

 

Toujours sur son site Internet, la STM précise que « les éditeurs sont investis dans l'ouverture et l'accès libre à leur catalogue ; les services fournis par les éditeurs devront être rentabilisés d'une façon ou d'une autre » et qu'elle « ne soutient pas les initiatives non financées qui contraignent les auteurs ou menacent la viabilité de l'industrie de l'édition. » La promesse de bonne volonté est là, le Ministre peut désormais commencer les négociations.