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Gratuité des classes prépa : Fioraso préconise une double inscription

Clément Solym - 19.09.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Classes prépa - Gouvernement - Education


Geneviève Fioraso, la ministre de l'Enseignement supérieur, s'est exprimée sur la gratuité des classes préparatoires aux grandes écoles. Elle a réfuté ce mardi l'idée que le gouvernement chercherait à les rendre payantes, mais elle n'a pas exclu la possible instauration à terme d'une double inscription en classe prépa et à l'université. Elle a estimé qu'il n'y avait pas de tabous à évoquer la fin de la gratuité de la formation la plus onéreuse en terme de dépenses publiques par étudiants. 

 

 

 

 

 

Gratuité des classes prépa

 

Les classes préparatoires sont celles qui ouvrent les portes des grandes écoles. De ce fait, elles conduisent aux postes les plus en vue dans le pays. La formation est actuellement gratuite : il n'est demandé aucun droit d'inscription aux étudiants, tandis qu'un inscrit à l'université doit s'acquitter de la somme de 181 euros.

 

Interrogée par Europe 1, la ministre s'est exprimée sur le fait de faire payer ces classes prépa dans une optique d'équité sociale. Tandis que Le Monde avait ce mardi émis l'hypothèse que le gouvernement projetait de prendre des mesures en ce sens, Fioraso a affirmé : « Je ne peux pas le confirmer dans la mesure où la décision n'a pas été prise. C'est une information qui relève plutôt de l'extrapolation. »

 

Par ailleurs, la ministre a précisé : « Mais si ça devait se faire un jour, en tout cas sûrement pas pour cette rentrée [...], cela devrait être lié d'abord à une double inscription : on demanderait aux étudiants qui s'inscrivent en prépa de s'inscrire à l'université. La prépa resterait gratuite et ils paieraient les droits d'inscription à l'université. [...] Mais cela supposerait qu'on allège le coût des concours »

 

 

Allocation d'études

 

François Hollande a promis la mise en oeuvre d'une allocation d'études. Celle-ci est sera négociée avec les organisations étudiantes et ne verra pas le jour avant la rentrée 2013. Le président annonçait en cours de campagne la volonté de remettre à plat les aides existantes et créer une allocation d'études supérieures, sous condition de ressources. La négociation sur cette allocation attendra les élections au Cnous (centre national des oeuvres universitaire et scolaire) qui mobilisent les organisations étudiantes jusqu'à la fin du mois de novembre.

 

Geneviève Fioraso a réagi : « Les organisations étudiantes souhaiteraient une allocation autonomie universelle comme au Danemark ou en Norvège, mais nous, on n'a pas de fonds pétroliers, on est en situation de crise comme beaucoup de pays européens, donc ce n'est simplement pas possible. [...] Comme on est de gauche, on veut favoriser les familles les plus modestes. Donc, on est prêt à remettre à plat l'ensemble des aides que sont les bourses, la demi-part fiscale, l'allocation logement et les aides sociales du comité national des aides universitaires. »

 

Tandis qu'un étudiant sur cinq bénéficie actuellement d'une bourse, la ministre estime qu'il faudra sûrement élargir le champ des boursiers.

 

 

Précarité des étudiants

 

Par ailleurs, Fioraso a évoqué la précarité des étudiants en matière de logement et de santé. Elle prévoit l'installation, d'ici à deux ans, d'une trentaine de centres de santé universitaires sur les campus.

 

Elle a exprimé : « Ce qui est préoccupant, c'est que [les étudiants] sacrifient leur santé sur des points qui engagent leur avenir sanitaire, c'est-à-dire les dents, les yeux et les soins gynécologiques pour les jeunes filles. [...] Mais le plus inquiétant, c'est le logement. C'est pour cela que nous avons lancé un grand plan de construction de 40 000 logements en cinq ans. »