Gravé sur la pierre, un témoignage bouleverse l'histoire coloniale anglaise

Maxim Simonienko - 30.11.2018

Patrimoine et éducation - A l'international - université brenau pierre - géorgie colonisation américaine - dare stone états-unis


En 1937, L.E. Hammond, un homme californien, conduisait dans un marais de Caroline du Nord, près de la rivière Chowan, quand un rocher portant des inscriptions particulières attira son attention. L’auteur de ces inscriptions ne serait autre qu’Eleanor White Dare, mère de Virginia Dare, le premier enfant anglais né dans le Nouveau Monde.

 
Pearce Auditorium, Brenau University, Wikipédia, CCY BY SA 2.0

Les inscriptions raconteraient d’un côté le meurtre du mari et de la fille d’Eleanor, Elizabeth, en 1591. De l’autre, elle décrirait le déplacement des colons vers l’intérieur du pays et leur mort progressive. Seulement sept colons auraient survécu.

La fin du récit laisserait également entendre, à la manière d’un cliffhanger, que plus d'informations se trouveraient sur d’autres pierres. Le message était donc, vraisemblablement, un indice potentiel pour retracer l’histoire de la « Colonie perdue » de Roanoke Island, en Caroline du Nord, c’est-à-dire celle des premiers colons anglais ayant débarqué aux États-Unis. Ils ont été vu pour la dernière fois en 1587 et leur sort, encore aujourd’hui, demeure inconnu.
 

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Hammond s'est rendu à l'Université Emory, en Géorgie (USA), où il a pu rencontrer un professeur d’histoire : Haywood Pearce Jr. Ce dernier était convaincu de l’authenticité de sa trouvaille, contrairement à l'Université.

Haywood Pearce Jr. décida alors de se tourner vers une Université concurrente : Brenau dont son père était, à l’époque, le président. Il réussit à le convaincre d’acheter la pierre gravée à Hammond pour 1 000 $. Le professeur d’histoire, persuadé d’avoir en sa possession un objet archéologique d’une valeur inestimable, décida de continuer ses recherches, offrant une récompense de 500 $ par pierre rapportée.

Ce n’est que trois ans plus tard, en 1940, qu’un certain agriculteur géorgien, Bill Eberhardt, a prétendu trouver la deuxième pierre, avec 13 autres roches inscrites, empochant 2000$ pour ses découvertes. L’université de Brenau décida, dans la foulée, d’exposer ses pierres sous le nom de « Dare Stones » .
 

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Cependant, en 1941, un an à peine après l’exposition des pierres, un journaliste du nom de Boyden Sparkes, travaillant pour le Saturday Evening Post a publié un article prouvant la supercherie des gros cailloux trouvés par Bill Eberhardt. En effet, l’agriculteur, au fil des années, avait eu le temps d’inscrire des notes sur 42 roches.

La pierre d'origine de la rivière découverte par Hammond, quant à elle, n'a pas (encore ?) été prouvée fausse. Après l’embarras de l’exposition, les « Dare Stones » ont été cachées pendant plusieurs décennies dans les sous-sols de l’Université.

Aujourd'hui, elles sont toutes exposées, y compris « l’originale », dans la bibliothèque de l'université de Brenau, en attendant peut-être un nouveau coup de théâtre.

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Via Atlas Obscura


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