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Grèce : une marche de la poésie contre l'austérité

- 22.03.2012

Patrimoine et éducation - A l'international - Grèce - printemps - poésie


Certains diraient que la plume est plus puissante que l'épée. En Grèce, les auteurs se sont ainsi engagés contre les mesures d'austérité du gouvernement, à l'occasion de la journée mondiale de la poésie ce mercredi.

 

Poètes, écrivains, acteurs, artistes, éditeurs et de nombreux les citoyens grecs se sont réunis à Athènes pour manifester contre la crise, bien différente de celle tenue jusqu'à présent depuis 2009. À coup de vers et de récitations poétiques, les participants ont protesté avec des citations de célèbres poètes grecs pour rappeler la force de leur culture, dans un contexte économique fragilisé qui inquiète encore l'Europe.  

 

« Ça fait 2000 ans que les Grecs écrivent de la poésie dans la même langue, aucun autre pays ne peut en dire autant. Et avec les mots de la poésie, on peut dire qu'on s'oppose à toutes les mesures qu'on nous impose », explique à l'AFP Alexandre, un lycéen de 17 ans brandissant le slogan « Si le printemps n'arrive pas, invente-le », tiré de l'œuvre du poète grec Odysseas Elytis, Nobel de littérature 1979.

  

 

 

Au cours de cette journée, des récitations poétiques, des danseurs et des groupes de musique rythmaient la marche des poètes dans la capitale.

 

Les organisateurs, soit Le Cercle des Poètes, les revues Poetix et Poiitika, la maison d'édition Mikri Arktos et les librairies-centres culturels Iano, ont voulu encourager l'esprit créatif des auteurs et artistes du pays, et, tout au long de cette marche, faire des poèmes leurs slogans, des poètes leurs références, des vers leurs drapeaux, « ces vers qui peuvent faire naître une autre réflexion, un autre avenir à travers notre présent et notre passé ».

 

Ainsi, loin des habituels slogans contre les mesures d'austérité imposées par le gouvernement, les participants arboraient plutôt des pancartes de vers de poètes grecs, tels Manolis Anagnostakis ou Séféris, ou encore des rimes grecques en rapport avec la situation politique et économique du pays : « Va plus vite que la décadence », « quand tu entends le mot « ordre », ça sent la viande humaine », «  j'ai peur des hommes qui, se sentant coupables, cherchent à trouver des fautes chez les autres » et plein d'autres.

 

Une manifestation poétique permettant de « montrer une autre image du pays à l'étranger et de rappeler aux Grecs eux-mêmes que la force de la culture, de la création peut nous aider à sortir de la situation où nous sommes », explique le poète Yorgos Chouliaras, l'un des initiateurs du projet.