H.G. Wells dans le domaine public : l'imagination au service de la littérature

La rédaction - 02.12.2016

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Joies et merveilles du domaine public : en l’an de grâce 2017 qui s’approche, plusieurs auteurs et créateurs basculeront dans le domaine public. Autrement dit, les droits d’auteur sur les œuvres arrivent à expiration. L’occasion de retrouver leurs textes – aujourd’hui, HG Wells, en version originale. 

 

La biographie est signée Neil Jomunsi et publiée dans le cadre du calendrier de l’avent du Domaine public réalisé par SavoirsCom1.

 

HG Wells Staring

 

 

 

Herbert George Wells, paradoxalement plus connu sous ses initiales H. G. Wells que sous son nom véritable, fut un précurseur en littérature et un visionnaire comme il y en eut peu : la place de son œuvre dans l’imaginaire collectif est, encore aujourd’hui, reconnue et admirée. Ce qui ne manque pas d’étonner quand on pense que ses grands textes, ceux pour lesquels il est entré au panthéon de la science-fiction, sont tous antérieurs à 1900.

 

Britannique né en 1866 d’une famille modeste, fils d’un commerçant et d’une ancienne domestique, dernier enfant d’une fratrie de cinq, H. G. Wells n’aurait sans doute jamais été ce qu’il est devenu si, à la suite d’un accident survenu à l’âge de sept ans, il ne s’était pas retrouvé alité avec une jambe cassée pendant plusieurs semaines : c’est là qu’il prend goût à la lecture, véritable échappatoire à la pesanteur du réel, et à l’écriture.

 

Très tôt placé en apprentissage par des parents qui ne pouvaient plus subvenir aux besoins de la famille, il travaille successivement dans la vente de tissu, devient assistant en chimie, puis enseignant, mais revient toujours aux livres, notamment grâce à la bibliothèque de la riche demeure où travaille sa mère. Après des études de science qu’il ne parvient pas à achever, il perd sa bourse et va habiter chez sa grande-tante où il rencontrera Isabel, sa cousine, qu’il épousera. Il la quittera trois ans plus tard pour l’une de ses étudiantes, qui lui donnera deux fils. Tout au long de sa vie, il multipliera les relations extra-conjugales : Wells a beau avoir de grandes qualités littéraires, il n’est pas réputé pour sa fidélité.

 

Très vite il plonge à corps perdu dans la littérature, et particulièrement la littérature fantastique. Car H. G. Wells n’est pas un rationaliste comme Jules Verne, à qui il est pourtant souvent comparé : de fait, son univers délibérément fantasque, surréaliste et parfois effrayant qui disqualifie d’office le réalisme et la plausibilité scientifique le place plutôt dans le sillage de Mary Shelley et de son Frankenstein, et annonce l’avènement des grands nouvellistes du XXe siècle tels que Lovecraft, Bradbury et Asimov, dont Wells est définitivement le père spirituel. Même s’il admire son travail, il conteste la filiation avec Verne : pour lui la littérature n’est pas une œuvre d’anticipation, mais d’imagination. Le futur le détrompera.

 

En l’espace de seulement trois ans, il donne ainsi successivement naissance à quatre des plus grands mythes de la science-fiction : La Machine à explorer le temps (The Time Machine, 1895), L’Île du docteur Moreau (The Island of Doctor Moreau, 1896), L’Homme invisible (The Invisible Man, 1897) et La Guerre des mondes (The War of the Worlds, 1898). Ces romans majeurs tracent tous un chemin distinct qu’emprunteront une foule d’auteurs et d’autrices de science-fiction, mais aussi de cinéastes et de scénaristes : on pense évidemment à Retour vers le Futur, digne héritier de La Machine à remonter le Temps, mais aussi à tous les films catastrophe où des extraterrestres hostiles jouent le rôle de l’ennemi à détruire (trop nombreux pour être cités tous, de Mars Attacks à Independance Day).

 

Beaucoup de ses livres ont aussi été directement adaptés, que ce soit à la radio (la mémorable interprétation d’un autre Welles, Orson, en 1938, qui selon une légende plus ou moins avérée déclencha de véritables scènes de panique, reste à ce jour un phénomène inégalé), au cinéma (par Steven Spielberg notamment) , et ce jusqu’à aujourd’hui : la modernité de Wells est absolue. Que son œuvre entre aujourd’hui définitivement dans le domaine public est donc à la fois une opportunité pour de nouveaux lecteurs de découvrir son œuvre et une porte ouverte à de nouvelles adaptations, transformations et remix.

 

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Wells laisse également derrière lui des ouvrages de vulgarisation scientifique, de satire sociale, de prospective et de politique. Fervent socialiste, il soutient l’idée de la création d’un « État-Monde » où les nationalismes seraient effacés et où les esprits les plus éclairés, tels que les scientifiques, prendraient les meilleures décisions possibles pour l’humanité. Il n’est pas convaincu par le système de démocratie parlementaire qui, selon lui, donne trop de pouvoir à certains de ses concitoyens peu éclairés qui pourraient faire de « mauvais choix ». Quand il travaille à rédaction de la Charte des Nations Unies, il s’opposera d’ailleurs à la mention du mot « démocratie ».

 

Partisan sur la fin de sa vie d’une certaine forme d’eugénisme, il pense que l’espèce humaine disparaîtra peut-être au profit d’une espèce plus évoluée. La guerre termine d’enterrer son optimisme scientifique et ses espoirs en la Société des Nations. Il meurt en 1946 à Londres à 79 ans, mais laisse un héritage considérable à la littérature et particulièrement à la science-fiction : on lui doit la popularisation des concepts tels que le voyage dans le temps, les modifications génétiques, les robots organiques (mécas), des personnages emblématiques et des histoires inoubliables.

 

 

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Sources et liens d’intérêt :

Page wikipédia de H. G. Wells : https://fr.wikipedia.org/wiki/H._G._Wells

La H. G. Wells Society : http://hgwellssociety.com/
Orson Welles interprète La Guerre des Mondes :