Harry Potter et Le Seigneur des anneaux, "épopées juvéniles"

Clément Solym - 09.02.2015

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Harry Potter - Le Seigneur des anneaux - Quai Branly


L'université populaire du Quai Branly invite les curieux, les amateurs et les lecteurs à écouter une conférence de Jean--Claude Milner. Linguiste, philosophe et écrivain, il viendra parler de deux sagas, Harry Potter et Le Seigneur des Anneaux, envisagées comme des « épopées juvéniles ». 

 

Rowling Tolkien Harry Potter Lord of the Ring

Pedro Dias, CC BY 2.0 

 

 

Pour la 9e saison, l'Université populaire parle donc de littérature, et interroge « les rapports entre les cultures et les questions d'universalité, d'altérité et de mémoire ». La thématique choisie cette année tourne autour de l'enfance, avec une trentaine de conférences en accès libre. 

 

Dans l'enceinte du Théâtre Clauve Lévi-Strauss, on pourra donc découvrir l'approche spécifique autour de ces deux œuvres. Jean-Claude Milner a déjà publié un ouvrage en mai 2014, Harry Potter. À l'école des sciences morales et politiques, où il analyse la série Harry Potter du point de vue des conceptions morales et politiques qui y sont implicites.

 

« Les récits épiques ont toujours un caractère historique. Sauf que l'histoire qu'ils racontent n'est pas celle des historiens. Dans Le Seigneur des Anneaux, Tolkien se fait le chroniqueur d'une Angleterre qui n'a jamais existé. De cette manière, il peut reconstruire le parcours d'une humanité alternative. Dans les Harry Potter, JK Rowling interprète ce qu'elle perçoit comme une catastrophe : la montée en puissance de l'idéologie du profit et, parallèlement, la victoire possible de l'intolérance, y compris chez les détenteurs du savoir. Mais, à cette fin, elle s'appuie sur la magie, qui n'existe pas. »

 

Que ce soit Tolkien en spécialiste des langues germaniques, ou Rowling enseignante du latin et du grec, la dimension culturelle exerce une influence spécique dans leurs deux œuvres.

 

« Mais il ne faut pas oublier l'événement majeur : les enfants et les adolescents se sont emparés de textes qu'on aurait pu croire éloignés d'eux. Une fois de plus, ils ont prouvé leur totale liberté de lecture ; à l'heure de la technologie et de la consommation triomphantes, ils se sont reconnus dans des mondes où la technologie et la consommation ne règnent pas. Ainsi sont nées, peut-être pour la première fois dans l'histoire, des épopées juvéniles », explique le conférencier.

 

Deux prochaines conférences interviendront le 15 avril, autour du Doudou, l'objet de transition, présentée par Catherine Clément, philosophe et romancière. Puis, le 20 mai, les énigmes de l'enfance, présentée par Henri Rey-Flaud, psychanalyste et spécialiste de la littérature.