Harry Potter étudié dans les université américaines

Clément Solym - 26.03.2008

Patrimoine et éducation - Programmes officiels - Harry - Potter - université


J.K. Rowling a peut-être pris sa retraite, encore que les affaires judiciaires risquent de la retenir un peu plus dans le monde merveilleux d'Harry Potter, mais ses livres eux persistent. Voire même s'incrustent dans le monde scolaire. Car en somme on trouve dans la saga des éléments de littérature, la mondialisation des études, une histoire remaniée quelque peu de la sorcellerie ou encore de la théologie.

« La théologie chrétienne et Harry Potter »

Danielle Tumminio, diplômée de Yale, a même basé un cours intitulé « La théologie chrétienne et Harry Potter », combinant son intérêt personnel avec son enseignement. Elle examine ainsi, à travers les sept tomes des thèmes comme le péché, le mal et la résurrection. « C'était un combat pour moi, alors que j'instaurais ce cours, parce que j'ignorais si j'avais correctement construit ce cours, explique-t-elle. Je n'ai pas envie d'apparaître comme quelqu'un qui tente d'endoctriner ses élèves [...]. Il fallait également que ce cours soit vraiment considéré comme une analyse critique, et pas juste une réunion où l'on s'assoit pour discuter de notre passion. »

Aujourd'hui, 79 personnes se sont présentées pour les 18 places que propose le cours. Les facs de Georgetown, Liberty, Pepperdine, Stanford, Lawrence, Swarthmore et Kansas State ont également intégré cette épreuve dans leur cursus. On y exploite d'ailleurs les influences de Rowling et les sources dont elle a tiré son imaginaire, comme Lewis Caroll ou encore Tolkien.

Un phénomène mondial reconnu par l'enseignement supérieur

SI Harry Potter est injustement calomnié aux dires de Philip Nel, auteur d'un guide sur la lecture des oeuvres de Rowling, c'est souvent parce que les adultes le voient comme peu sérieux, trop faciles à comprendre et ne renfermant donc pas d'éléments dignes d'être étudiés. Pour les étudiants, de leur côté, Harry rend la théologie plus accessible, dans une sorte d'entreprise de vulgarisation.

« Ce phénomène de culture universelle est sans précédent, témoigne Edmund Kern, professeur à l'université de Lawrence. Je pense que les films ont participé à le rendre populaire de par le monde [...] mais jamais encore une oeuvre littéraire n'avait capté l'attention de tant de personnes. » Il est donc clair qu'au-delà de toute idolâtrie ou de toxicomanie aiguë, le mythe Potter s'écrit en lettres de feu dans le marbre.

Tout le monde n'est pas encore convaincu que les textes de Rowling méritent de figurer au panthéon de la littérature ni des canons des Lettres occidentales, mais quand l'université s'empare d'un sujet, tout porte à croire qu'il est sur la bonne voie...