Hervé Crès élu mais pas couronné à la tête de Science Po

Clément Solym - 31.10.2012

Patrimoine et éducation - Scolarité France - Sciences Po - Richard Descoings - Hervé Crès


Le quadragénaire au parcours brillant a été élu mardi par les deux instances délibérantes de l'institut parisien pour succéder à Richard Descoings décédé le 3 avril dernier. Hervé Crès a recueilli lundi le stricte minimum de vingt voix sur trente au conseil d'administration de la FNSP (voir notre actualitté) et treize voix sur 29, hier, au conseil de direction de l'IEP (avec quatorze bulletins blancs et nuls, un contre).

 

 

Ancien directeur d'HEC Paris, diplômé de Normale Sup Sciences, de Sciences Po, docteur en économie et docteur en mathématiques appliquées, enseignant dans de nombreux pays d'Europe et du Maghreb, Hervé Crès, 45 ans, a surtout été directeur adjoint de l'institut de Sciences Politiques de Richard Descoings de 2008 à 2012.

 

Rien ne semble pour autant être encore fait. La nomination du nouveau directeur ne peut être entérinée sans l'accord officiel de l'Etat, par la voix de la ministre de l'Enseignement supérieur, Geneviève Fioraso. Jean-Claude Casanova, président du FNSP,  a dans un premier temps affirmé avoir déjà obtenu l'accord de l'Elysée, de Matignon et du ministère… mais la ministre a démenti. 

 

D'autant qu'elle avait déjà affirmé ne pas souhaiter voir le successeur de Richard Descoings nommé avant que soit publié le rapport de la Cour des Comptes sur la gestion de Sciences Po. , le 22 novembre prochain. 

 

La question serait en fait pour le gouvernement non pas de s'immiscer dans  « le casting » mais de vérifier que la responsabilité d'Hervé Crès n'a pas de raison d'être engagée dans l'enquête sur la gestion chaotique des années Descoings. 

 

 

Pour l'heure, la justesse du vote fragilise d'emblée le nouvel élu. Et l'attente par le ministère du rapport de la Cour des comptes pour valider le choix des deux instances délibérantes rajoute à la confusion. Sans parler des autres candidats à la succession, qui contestent cette nomination (Bruno Toussaint parle même d'une action en justice). Ce serait presque drôle si ce n'était pas aussi pathétique.