Histoire d'une imposture : Galilée, un manuscrit trop beau pour être vrai

Victor De Sepausy - 28.05.2019

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Publié en 1610, le Sidereus Nuncius (Le Messager des étoiles, si l'on traduit du latin) est le livre le plus célèbre de Galilée. Un ouvrage fascinant, qui a suscité bien des réactions. Corpus scientifique indéniable, il est constitué des observations faites à la lunette – et démontrant qu’Aristote s’était légèrement fourvoyé…


 

Du fait de l’utilisation d’une lunette, l’Italien avait pu pousser son observation du système solaire bien plus loin que ce que le philosophe grec ne pouvait concevoir. En effet, le monde perdait sa dimension géocentrique, pour une vision héliocentrique. 

De quoi mettre l’Église catholique en colère, furieusement, puisque les textes bibliques se retrouvaient contrariés. 

Sera diffusé sur Arte, ce 1er juin, un documentaire réalisé par Pierre-Olivier François, racontant l’histoire… d’un faussaire italien, Massimo De Caro. 

En 2005, le bonhomme qui se présentait comme collectionneur, va vendre à un certain Richard Lan — expert américain en livres anciens — un prétendu exemplaire du Sidereus Nuncius, que Galilée avait publié en 1610. 

Quatre illustrations originales, une dédicace de la main du scientifique… le manuscrit fut rapidement authentifié par d’autres experts également trompés par la supercherie. « Menée par l’historien de l’art berlinois Horst Bredekamp, une équipe internationale de chercheurs s’est attelée des mois durant à vérifier l’authenticité de la publication, avant de rendre un verdict positif », rappelle Arte.

Moralité, l’estimation du livre aboutit à 10 millions $. 

Pourtant, huit années plus tard, le manuscrit présenté par Massimo De Caro est dénoncé : un faux. Génialement réalisé, certes, mais un faux tout de même. C’est en effet par un jeune scientifique que l’imposture est découverte : Nick Wilding parvient en effet à démontrer qu’il s’agit d’une copie, et l’univers s’effondre. « L’impression a été faite à l’aide de photopolymères. L'encre utilisée remonte au XVIIe siècle. Les filigranes et le tampon sont des imitations parfaites », indique le réalisateur.
 

Le fameux tampon sur le livre, issu de la bibliothèque du mécène historique de Galilée, le Prince Cesi ? Il prouve qu’il est faux. La signature de Galilée sur la première page ? Il découvre qu’il s’agit de la copie parfaite d'un autographe de 1633 (donc postérieur de vingt ans au livre): l'acte d'abjuration de Galilée devant l'Inquisition!


« Conçu à la manière d’un thriller, ce documentaire retrace l’histoire d’un faux presque parfait, sans oublier d’interroger les motifs du contrefacteur, fervent admirateur du célèbre astronome italien », indique Arte, en présentation de ce documentaire.



 
A réécouter, en podcast, l’émission de Guillaume Erner, reprenant également pour France Culture cette incroyable aventure bibliophilique…




OVNI, l’application mobile du Tripode, présente en parallèle un texte racontant comment Pierre-Olivier François, après quatre années d’investigation, a pu raconter cette fantastique histoire. À lire à cette adresse.


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