Hugo, Flaubert et les autres : la collection de Pierre Bergé dispersée

Nicolas Gary - 14.12.2015

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Pierre Bergé - vente enchères - bibliothèque collection


La bibliothèque de Pierre Bergé, mise aux enchères la semaine passée, a rencontré un certain succès. Parmi les auteurs proposés, Flaubert, Louise Labé ou encore Victor Hugo, lesquels ont participé au résultat de 11,68 millions € récolté. En tout, 180 livres ont été vendus, pour le plus grand bonheur de l’homme d’affaires.

 

 

Flaubert n’en reviendrait pas : son Éducation sentimentale, un manuscrit de 1869, a été remporté pour 470.000 €. Dans le même ordre d’idée, un dessin encre et aquarelle de Victor Hugo fut adjugé pour 400.000 €. Une pièce aux dimensions appréciables, 180x220mm, qui symbolique une tour gothique en ruine, avec quelques murs et des arbres, le tout rehaussé d’or et de gouache. L’estimation était portée entre 50 et 80.000 €.

 

Victor_Hugo_vente_Pierre_Bergé_enchères

 

 

« Il faut savoir se débarrasser des choses », assurait Pierre Bergé auprès de l’AFP, quelque temps avant la vente. Des livres, des livres et encore des livres, qu’il assurait aimer tous, notamment le fameux Madame Bovary, que Flaubert avait dédicacé à Hugo. « Voilà un livre qui me tient particulièrement à cœur, comme Les Essais de Montaigne », expliquait le mécène. 

 

C’est qu’aux côtés d’auteurs du XIXe siècle, des perles rares étaient proposées, comme ces Essais, en édition originale de 1580, imprimé à Bordeaux – et dont il ne resterait que trois ou quatre exemplaires reliés en vélins encore en circulation.

 

En 2009, Pierre Bergé avait déjà montré qu’il savait se séparer de ces objets, en revendant une partie de sa collection d’œuvres d’art et de son mobilier, pour un montant de 374 millions €. 

 

Sa collection regroupe des œuvres réunies depuis quarante ans, incluant poètes, romanciers, essayistes, philosophes et bien d’autres. L’AFP indique que les œuvres émanant d’auteurs russes ont été très convoitées, chacune dépassant l’estimation originelle. 

 

Clou du spectacle, le manuscrit de 1927 de Nadja, d’André Breton, qui partira directement à la BnF. « Quand je l’ai acquis, à Londres il y a des années, j’avais l’impression d’avoir un morceau de la Vraie Croix », expliquait Pierre Bergé. Mais « en raison de son importance patrimoniale majeure », il avait accepté que la vente auprès de l’établissement public soit facilitée. 

 

Au menu, et juste pour donner quelque peu l’eau à la bouche, Les Confessions de Saint Augustin, datées de 1470, sont parties pour 260.000 €, de même que L’Euvre de Louise Lavé (1555), remportée pour 430.000 €. 

 

Cette vente exceptionnelle fut organisée par la société Pierre Bergé & associés, avec la collaboration avec Sotheby’s chez Drouot. Au terme de cette vente, l’intéressé n’a pas caché sa joie : « Je suis très content. C’est merveilleux. » Une vente qui n’aura duré que 3 heures...