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Illettrisme : un plan national de lutte tourné vers 6 millions de Français

Cécile Mazin - 20.02.2017

Patrimoine et éducation - Patrimoine - illettrisme France langue - français langue République - délégation interministérielle langue


À l’occasion du Conseil des ministres du 15 février, Bernard Cazeneuve a présenté une communication portant sur les bonnes pratiques de la langue. Rappelant que le français est la langue de la République, une politique spécifique doit intervenir, avec la création d’un délégué interministériel.

 

Illustration de Charlotte Valerio (ActuaLitté, CC BY SA 2.0)

 

 

Parce que le français est un outil primordial dans la société, le Premier ministre a tenu à insister : créer un poste spécifique « marque l’importance de la maîtrise de la langue et vise à garantir la coordination des politiques y concourant et à amplifier les moyens qui lui sont consacrés ».

 

À ce jour, 6 millions de Français ne maîtriseraient pas la langue nationale, ce qui « met en danger la cohésion sociale ». Si l’apprentissage à l’école est une première étape, les nouveaux programmes scolaires – maternelle et primaire – doivent renforcer les fondamentaux.

 

Le gouvernement s’est également mis en place une scolarisation des moins de trois ans, autre enjeu, et plus encore pour les enfants dont « la langue familiale n’est pas le français ».

 

Pour y travailler mieux, Thierry Lepaon sera nommé président de l’Agence nationale de lutte contre l’illettrisme.

 

« Le délégué interministériel à la langue française pour la cohésion sociale apportera son concours à la définition et à la mise en œuvre des politiques favorisant l’accès de tous à la lecture, à l’écriture et à la maîtrise de la langue française, en complément des actions de formation linguistique conduites dans le cadre de la politique d’accueil et d’accompagnement des étrangers. »

 

Un plan national pour six millions d'adultes

 

Son rôle sera de coordonner les actions des ministères, tout en veillant à ce que l’ensemble des campagnes menées reste cohérent. Le Centre international d’études pédagogiques pourra apporter son expertise « dans le domaine de la promotion de l’apprentissage du français langue étrangère ».

 

Le délégué interministériel favorisera les échanges entre l’État et les collectivités territoriales, les partenaires sociaux, les établissements publics et le secteur associatif pour la lutte contre l’illettrisme et la maîtrise de la langue française.

 

Avec le concours des délégués régionaux, il disposera également d’un conseil d’orientation stratégique, que le Premier ministre établira par arrêté.

 

Enfin, « le délégué interministériel développera un plan national s’adressant aux 6 millions d’adultes, qu’ils soient en situation d’illettrisme au sens strict (3 millions) ou, plus largement, en difficulté avec la langue française (+ 3 millions) ».

 

Il viendra également soutenir « l’accompagnement des publics migrants non éligibles aux formations linguistiques de l’Office français de l’immigration et de l’intégration ».