Indécente, Blanche-Neige fait scandale dans une école du Qatar

Cécile Mazin - 26.01.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - Blanche Neige - école Qatar - indécence illustration


Une école internationale espagnole située au Qatar vit actuellement l’enfer. Pas à cause de la température, canaillous : le père d’un élève a porté plainte parce que sa progéniture étudiait un ouvrage basé sur l’histoire de Blanche-Neige et des sept nains. Le livre, immédiatement supprimé de la bibliothèque de l’école contenait, selon le père, des illustrations « indécentes ». 

 

Dog Dressed as Snow White

Petful, CC BY 2.0

 

 

Un père sidéré, un établissement embarrassé : tous les ingrédients d’une bonne polémique sont réunis. Parce que le livre que son enfant lisait pour la classe contenait des « phrases avec des insinuations sexuelles » le vigilant parent d’élève s’est agacé. Alors que la couverture du livre ne laisse rien présager de dramatique, l’établissement SEK est devenu l’objet de toutes les attentions.

 

Vivian Arif, le responsable, assure avoir immédiatement pris les mesures nécessaires suite à la réception de la plainte. « L’école internationale SEK est fière d’avoir été ouverte dans ce pays, et présente ses excuses officielles pour toute infraction que cette situation aurait causée involontairement », explique-t-il dans un communiqué. 

 

« Nous respectons profondément la culture du Qatar et nous nous sommes engagés à la promotion de ses valeurs et ses principes. Nous continuerons de travailler pour que notre établissement reste une référence dans son engagement au service de la population du Qatar », poursuit-il, cité par l’AFP.

 

Depuis septembre 2013 que l’école a vu le jour, elle compte plus de 150 élèves venus de 27 pays, âgés de 3 à 18 ans. 

 

Quant à l’ouvrage en question, il serait inspiré de la version du film d’animation de Disney, sorti en 1937, qui avait déjà épuré tout ce que le conte de fées des frères Grimm pouvait contenir d’allusif. En regard de la couverture, difficile de comprendre l’émoi paternel, mais peut-être des éléments à l’intérieur ont-ils pu justifier cette angoisse. 

 

 

 

 

Bon, ensuite, on peut se rappeler que le Qatar a censuré le film The Danish Girl d’Eddie Redmayne, racontant l’histoire du premier homme au Danemark à être devenu une femme.

 

L’éditeur Penguin Kids n’a pas encore fait de commentaire, mais, au Qatar, certains ont estimé que ce n’était pas suffisant. Ce ne serait pas la première fois que l’école est actuellement sous le feu de la rampe – d’autres incidents seraient survenus, mais sans que l’on n’avance d’exemples.