Inondation : Pas d'enquête administrative pour la BnF (ministère)

Antoine Oury - 20.01.2014

Patrimoine et éducation - Patrimoine - BnF - inondation - enquête administrative


Information ActuaLitté: Vendredi dernier, nous rappelions que les inondations récentes à la Bibliothèque nationale de France auraient pu être évitées : en effet, un audit réalisé après les inondations de 2004, et suivi par un rapport remis en 2007, pointait la fragilité des installations qui ont cédées. Malgré ces manquements, la Bibliothèque nationale de France sera la seule à évaluer la qualité de ses infrastructures, nous apprend le ministère de la Culture.

 

 

BnF exposition Casanova

(ActuaLitté, CC BY-SA 2.0)

 

 

 

Le déplacement de la ministre sur les lieux du drame avait donné lieu à un communiqué, qui signalait le déblocage de 3 millions € pour les réparations et la mise à niveau des installations. En réalité, l'utilisation de crédits dégelés fin 2013, et donc redirigés vers les canalisations. Une partie non négligeable du budget d'investissement total de 21 millions €, en espérant que « cela suffira », précise le cabinet de la ministre. Dans le cas contraire, le financement pourrait s'étaler sur plusieurs années.

 

Certains commentaires, dans les papiers précédents, évoquaient les travaux relatifs au fameux escalier du site Richelieu, mis en lumière dans un des derniers numéros du Canard Enchaîné. Le cabinet précise que les enveloppes budgétaires allouées aux sites respectifs (Richelieu, donc, et Tolbiac, où ont eu lieu les inondations) sont distinctes, et que les deux chantiers seront menés parallèlement.

 

Quant aux montants des travaux du site Richelieu, il reste pour le moment inconnu : c'est la bibliothèque nationale de France qui le déterminera elle-même, la ministre ayant demandé à l'établissement « de faire le point, et de fournir une planification des travaux ». Selon le ministère, toutefois, une enquête administrative ne serait pas « particulièrement adaptée » au cas de la BnF. Quant à la question de l'audit réalisé en 2007, « s'il a été réalisé, alors nous invitions la BnF à l'utiliser et à le réactualiser pour pouvoir planifier les travaux ».

 

« On ne peut pas dire qu'il n'y a pas de sujet de vieillissement du bâti, il faut traiter ce sujet en urgence », souligne-t-on au ministère, qui attend vraisemblablement « dans quelques semaines, les propositions que la BnF fait en termes de travaux de maintenance et de sécurité ».

 

Par ailleurs, nous avons attiré l'attention de la ministre sur la gestion de la communication au sein de la BnF, ainsi que des tensions visiblement très vives qui ont animé la gestion de crise : « La ministre tient à saluer la mobilisation des équipes qui a permis de faire fonctionner le plan de sécurité. Le comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) qui s'est tenu dans la foulée a été tendu, suite à la publication de chiffres erronés qui ont provoqué un vif émoi du côté des personnels. Des mots malheureux auraient été échangés, et nous ne pouvons qu'appeler à un débat apaisé », souligne le ministère. 

 

Les esprits se seraient donc échaudés suite à un chiffre qui évoquait 120.000 ouvrages touchés. Or, chat échaudé craint... Nan, on arrête avec les jeux de mots, promis.