Internet Archive : beaucoup de signalements Google, peu d'effets

Antoine Oury - 28.07.2020

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Visée par un procès pour infraction au copyright, accusation portée par quatre groupes d'édition américains, la plateforme Internet Archive est régulièrement pointée pour le partage de contenus sous droit. Des signalements envoyés à Google cherchent à obtenir le déréférencement des adresses concernées, le plus souvent sans succès.

Google


Avec plus de 3 millions de contenus audio, vidéo, textuels et autres, Internet Archive peut se présenter comme la « bibliothèque du web » : mais certains fichiers n’y sont pas entreposés par des membres de l'équipe du site. Reposant sur un principe participatif, le site laisse à chacun la possibilité d'y verser ses archives personnelles, ou la numérisation d'un livre du domaine public.

Problème : cette liberté laissée aux utilisateurs aboutit à la présence de fichiers protégés par le droit d'auteur, qui n'ont pas leur place sur la plateforme. Sans oublier les œuvres sous droit, mais commercialement indisponibles et introuvables au format numérique, qu'Internet Archive souhaite proposer à ses usagers. Ce type de contenus est d'ailleurs à l'origine de la plainte des quatre éditeurs.

Pour les ayant droits qui s'estiment lésés par Internet Archive, plusieurs solutions possibles : l'action en justice, qui nécessite des moyens financiers et un préjudice important, une demande de retrait envoyée à Internet Archive, ou encore un signalement à Google, moteur de recherche parmi les plus utilisés du web.
 

Pas d'action dans 99,2 % des cas


Selon les données rendues publiques par Google, analysées par Torrent Freak, une large majorité des signalements concernant Internet Archive reste lettre morte. Ainsi, 99,2 % des plaintes reçues ne sont suivies d'aucun effet, chiffre auquel il convient d'ajouter 0,6 % de plaintes mises de côté car identifiées comme des doublons par les services de Google.

À l'arrivée, seul 0,1 % des plaintes entraîne un déréférencement de la page signalée du moteur de recherche. En somme, ce sont seulement 10 déréférencements qui sont effectifs, pour 10.000 demandes environ, qui concernaient au total un peu plus de 100.000 pages web.

Pour décider du maintien ou non d'une URL, Google se base sur des analyses automatiques et humaines, une technique également utilisée par les plaignants, dans certains cas. Ce qui débouche sur un certain nombre de faux positifs — et sans doute de faux négatifs : ainsi, le groupe Disney demande le retrait de l'adresse d'une page évoquant le film Stuber (2019). On s'attendrait à y trouver le film, visionnable de manière illégale, mais elle n'abrite en réalité que les documents concernant sa classification...
 
D'autres plaintes arrivent trop tard, alors que les contenus visés ont déjà été modérés et supprimés par les équipes d'Internet Archive. 

Dans certains cas, la question est plus complexe : le groupe Macmillan demande ainsi le retrait de plusieurs livres numériques sous droit de la plateforme. Cependant, celle-ci ne propose qu'un extrait à l'internaute, puis le fichier complet, sous le régime du prêt numérique contrôlé, après inscription. Google a choisi de ne pas déréférencer ses adresses, mais le procès à venir devrait apporter une réponse juridique plus solide à la question...


Photographie : illustration, Eduardo Woo, CC BY-SA 2.0


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