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Israël gardera 9 manuscrits dérobés par le Mossad à la Syrie voilà 25 ans

Clément Solym - 31.08.2020

Patrimoine et éducation - Patrimoine - Israël couronne Damas - Mossad Syrie manuscrits - histoire patrimoine manuscrits


Les pays avaient négocié, mais Israël a finalement eu le dernier mot d’une concertation tenue avec elle-même. Les Couronnes de Damas, ensemble de neuf livres, constitués des textes de la Bible hébraïque, devaient être rendues. Mais la bataille juridique a fini par donner raison aux services secrets.
 

Page 5 of the Damascus Bible
 


Le tribunal de district de Jérusalem vient de décréter que les textes — datés du XIIIe siècle — resteraient dans les archives de la Bibliothèque nationale d’Israël. Et selon les analystes, la cour s’est laissée convaincre en écoutant les témoignages des experts en préservation. En effet, pour conserver les documents dans des conditions idéales, les ressources dont dispose la BN d’Israël seraient nettement plus convaincantes.

Aviad Stollman, ancien responsable des collections à la Bibliothèque nationale, le confirme : pour une institution indépendante, ce type de conservation devient très coûteux, et particulièrement délicat. Il n’empêche que les livres devaient être rendus au rabbin Hamra, avant d’arriver dans un futur centre culturel juif, en Syrie. 

Il n’en sera rien : les Couronnes de Damas ne sont pourtant pas arrivées sur la Terre sainte par l’opération du Saint-Esprit. Le Mossad, lors d’une opération en Syrie, s’était adjoint les services du rabbin syrien Abraham Hamra et de l'activiste canadienne Judy Feld Carr. L’une des couronnes a ainsi fini dans la valise d’un diplomate canadien…

Sauf qu’à mesure de l’arrivée des Bibles transitant clandestinement vers Israël, l’université hébraïque a fini par se trouver une vocation : préservation de biens finalement volés. « La confiance et les conditions de la préservation visent à assurer avant toute chose la pérennité des Couronnes de Damas, et le soin que leur portent le public, le peuple juif et les générations futures », assure un communiqué de la justice israélienne.
 

Des trésors loin d'un “horrible endroit”


Selon le tribunal, nous parlons ici de « trésors du peuple juif » dont « l’importance historique, religieuse et nationale » les rend inestimables. Ces manuscrits furent transcrits en Europe entre les XIIIe et XVe siècles, avant de migrer vers Damas. Les Chumashim contiennent ainsi des voyelles, contrairement aux classiques rouleaux de la Torah. Ils indiquent également des éléments pour inciter à une prononciation correcte.

Les textes avaient été richement décorés, et de ce fait, n’étaient utilisés qu’en de rares occasions. 

Leur arrivée en Israël avait été tenue secrète, et les détails de cette mission n’ont toujours pas été communiqués au public. D’ailleurs, Meir Heller, avocat représentant la bibliothèque nationale a assuré que cette décision de la cour pèserait lourd. « Nous sommes parvenus à sauver les livres d’un horrible endroit », indiquait-il, ajoutant qu’ils avaient désormais trouvé une maison convenable. 


via Jpost

By The National Library of Israel Collection - The Damascus Keters in the National Library of Israel, CC BY-SA 4.0, Link


Commentaires
C'est tout simplement dégueulasse. Malheureusement cette attitude de "confisquer" les biens d'autres nations - très voisines - est courant dans le pays. De quel droit? Fort simple: ils ont toujours raison parce qu'ils sont israéliens. Cette manière quasi compulsive d'agir contribue, hélas, à momifier l'image caricaturale, qu'ont certaines personnes, "du juif". L'antisémitisme, bien entendu, ne fait qu'y gagner. Les juifs honnêtes, non. Quelle imprudence!
Le mode d'arrivée des livres est incompréhensible et largement obscur.



En revanche, le motif pour les garder est très intéressant et pertinent : l'intérêt supérieur de l'oeuvre. On n'extrade pas un prisonnier qui risque la torture, on ne renvoie pas un animal protégé chez des braconniers, ni un enfant chez des bourreaux d'enfants.



Autrement dit : on ne comprend pas pourquoi les livres se trouvaient là, mais une fois qu'ils y étaient, le mieux était qu'ils y restent. Si les conditions étaient meilleures en Syrie, ça pourrait changer.



Par ailleurs, la Syrie a toujours refusé de rendre la dépouille de soldats israëliens torturés.
"Pour conserver ces documents, les ressources de la BN d'Israël seraient plus convaincantes"...

ça reste à prouver. Il n'y a pas, dans cette bibliothèque, la notion d'inaliénabilité comme dans les institutions françaises. Tous les ans, la BN d'Israël bazarde (il n'y a pas d'autre mot) des milliers de livres et d'imprimés, ou organise tout simplement des soldes, il m'est arrivé d'acheter quelques pièces pour une bouchée de pain.

Il ne s'agit certes pas de manuscrits du XIIIe siècle, mais depuis l'invention de la numérisation, ses dirigeants ont décidé que les originaux n'étaient pas forcément indispensables, et faute de place ou de capacité de conservation, ils sont contraints de s'en séparer. Ainsi, des collections entières de la presse yiddish d'entre les deux guerres, une fois numérisées, sont mises à la benne. Heureusement, quelques passionnés les récupèrent pour les confier à d'autres bibliothèques de diaspora.

Voilà pour la bibliothèque nationale du "peuple du livre"...
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