Israël : les archives de Franz Kafka numérisées pour le public

Victor De Sepausy - 07.08.2019

Patrimoine et éducation - A l'international - Franz Kafka archives - bibliothèque nationale Israël - patrimoine littéraire Kafka


La bibliothèque nationale d’Israël vient de faire trembler les murs, en annonçant la mise en ligne de la dernière partie des manuscrits de Franz Kafka. Au terme d’une bataille juridique qui avait contraint de reporter leur diffusion, l’établissement sort finalement vainqueur. Et le public avec lui.


 

Le romancier juif né à Prague faisait l’objet d’une longue querelle : les sœurs Eva Hoffe et Ruth Wiesler étaient en possession de ses archives, qu’elles affirmaient avoir légalement reçues de leur mère, Esther Hoffe. Cette dernière fut la secrétaire de Max Brod, ami, biographe et exécuteur testamentaire de Kafka.

Mais qui avait surtout ignoré la volonté de l’écrivain germanophone de voir brûlées toutes ses œuvres inédites. Kafka était alors en phase terminale de sa tuberculose, et se soignait dans un sanatorium autrichien.
 

Les rebondissements juridico-économiques à foison


Depuis 2008, la bibliothèque nationale d’Israël avait mené une série de procédures judiciaires lui accordant la détention des documents. Et ce, conformément au testament rédigé par Brod — mort en 1968. Elle avait également prévenu qu’au terme de l’action intentée en 2016, elle avait rassemblé l’ensemble des papiers dans le coffre-fort d’une banque suisse, à Zurich.

Après la mort de Kafka, en 1924, Brod avait quitté la Tchécoslovaquie, en 1939, alors occupée par les nazis, pour se réfugier à Tel-Aviv. C’est après sa mort que l’affaire des archives est véritablement devenue kafkaïenne — le trésor littéraire se retrouvant éparpillé, avec une partie volée et abritée en Allemagne. Hoffe elle-même participa à cette dispersion, en revendant des pièces — le manuscrit originel du Procès fut écoulé, et lors d’une vente en 1988, atteint les 2 millions $.

<

>


À sa mort, ses filles tentèrent de poursuivre les activités commerciales de leur mère, mais la bibliothèque d’Israël fit alors barrage. Et demanda que, suivant la volonté de Brod, ses archives soient hébergées par l’établissement. Entre 2008 et 2016, trois tribunaux israéliens furent saisis, tous tranchant en faveur de la bibliothèque. Depuis cette période, elle s’emploie alors à centraliser sans ses murs l’ensemble des documents…

Le président David Blumberg, lors de la conférence de presse, lance presque soulagé : « Nous avons démarré ce processus qui a près onze années avant que de s’achever, voilà deux semaines. » La présentation au public de ce jour est un grand événement.

« Certains éléments sont connus, d’autres pas — c’est peut-être la partie la plus importante », souligne Stefan Litt, conservateur à la bibliothèque, auprès de Reuters. « Tous les écrits de Kafka que nous avons maintenant sous notre garde seront donc numérisés et ouverts au public dans le monde entier. »
 

Pas de révélations, mais tout de même...


Certaines archives seront même disponibles d’ici la fin de l’année. On compte par exemple les trois versions préliminaires de l’histoire Préparatifs de noce à la campagne, un cahier d’exercices dans lequel il pratiquait l’hébreu ainsi qu’une centaine de lettres. Se trouvent aussi des croquis, et des manuscrits, qui désormais ont été transférés à la bibliothèque nationale d’Israël.

« Depuis plus de dix ans, la bibliothèque s’emploie sans relâche à réunir le patrimoine littéraire de l’écrivain, compositeur et dramaturge Max Brod et de son plus proche ami, Franz Kafka », continue David Blumberg. 
 
« Après avoir pris connaissance de documents comme le cahier en hébreu et des lettres sur le sionisme et le judaïsme, il est plus évident que jamais que [nous étions] le foyer légitime des journaux de Brod et Kafka », assure-t-il à l’AFP. Si l’on savait que le romancier apprenait l’hébreu, aucun témoignage encore ne permettait d’assurer qu’il était en mesure de l’écrire aussi complètement.

Et Stefan Litt de poursuivre que Brod « fut le principal vecteur du succès que Kafka connut en tant que plus influent auteur du XXe siècle, après avoir publié plusieurs de ses œuvres posthumes en Autriche ». Brod aurait très certainement trouvé la mort s’il était resté en Tchécoslovaquie : son départ pour Tel-Aviv l’aura sauvé, et l’héritage de Kafka avec…  
 



Commentaires
Génial, y a t'il un lien pour les télécharger ?

Merci d'avance
Trop heureuse de cette victoire juridique

On pourra enfin lire tout Kafka à
Poster un commentaire

 

grin LOL cheese smile wink smirk rolleyes confused surprised big surprise tongue laugh tongue rolleye tongue wink raspberry blank stare long face ohh grrr gulp oh oh downer red face sick shut eye hmmm mad angry zipper kiss shock cool smile cool smirk cool grin cool hmm cool mad cool cheese vampire snake exclaim question

Vous répondez au commentaire de

Cliquez ici pour ne plus répondre à ce commentaire

* Laisser vide pour ne pas reçevoir de notification par email de nouveaux commentaires.