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Jane Austen empoisonnée à l'arsenic : vous reprendrez du pudding ?

Clément Solym - 14.03.2017

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L’Angleterre compte bien faire de la commémoration de la mort de Jane Austen, un argument touristique fort, avec Harry Potter ou encore Sherlock Holmes. Voilà 200 que l’auteure est décédée, et les circonstances de sa mort restent toujours floues. Ainsi, la théorie de l'empoisonnement refait surface. Alors, arsenic ou pas arsenic ? Et surtout : si arsenic, est-ce qu’il lui fut versé dans l’oreille ?

 

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Adair733, CC BY ND 2.0

 

 

La vie de Jane Austen s’est possiblement achevée plus tragiquement encore que celle de ses personnages de romans. La British Library a mis à jour quelques nouvelles informations qui étaieraient la thèse de l’empoisonnement à l’arsenic. Assurons tout d’abord que l’oncle d’Hamlet serait définitivement mis hors de cause dans cette histoire

 

Ensuite... l’idée que l’auteure ait pu mourir d’empoisonnement a la peau dure : les chercheurs ont en effet mis la main sur trois paires de lunettes dans le bureau de Jane. Pour chacune, les verres différaient dans leur correction, assure Simon Barnard, optométriste de Londres. Selon lui, une cataracte, causée par l’intoxication à l’arsenic expliquerait ce fait.

 

Chacune des paires avait par ailleurs une fonction bien précise : écriture ou broderie nécessitait l’usage de lunettes différentes. Or, l’une des zones d’ombres est de définir si les lunettes furent achetées dans le cadre d’une prescription médicale spécifique, ou tombées du camion – peu ou prou.

 

L'hypothèse occulaire avancée... avec prudence

 

Certes, Austen avait des problèmes de vue bien connus, mais, en tant que métal lourd, l’arsenic pourrait très bien être responsable. À mesure que sa cataracte s’aggravait, Jane Austen serait alors passée d’une paire à une autre.

 

La théorie de l’arsenic aurait de quoi stimuler l’imaginaire – et serait d’autant plus probable qu’on le retrouvait dans la composition de différents médicaments en circulations au XIXe siècle. Ainsi que dans l’eau. Dans le cas d’un empoisonnement, il serait plutôt accidentel.

 

Sherlock Holmes et Harry Potter, ambassadeurs anti-Brexit du Royaume-Uni 

 

Par le passé, on avait imputé la mort de l’auteure à la maladie d’Addisson, avant que cette thèse ne soit contredite par celle de la tuberculose. En effet, une lecture clinique de ses lettres montre que la romancière était bien trop lucide sur ses derniers jours, en 1817.

 

La maladie d’Addison provoque en effet des pertes de concentration et quand l’état s’aggrave on s’approche du délire. Or deux mois avant sa mort, outre qu’elle était encore vivante, Jane écrit : « Mon esprit était toujours clair et je n’avais presque aucune douleur. » Un témoignage qui semble exclure cette maladie, au profit de la tuberculose.

 

L’idée même de s’appuyer sur ces lunettes – dont on ignore finalement si elle les portait simplement – est fragile. D’autant que le diabète, mortel à l’époque d’Austen, peut également avoir des incidences sur les yeux et provoquer des problèmes visuels...

 

via CNN