“Je maudis Tretia Maria et sa vie, son esprit, sa mémoire, son foie et ses poumons”

Nicolas Gary - 04.08.2020

Patrimoine et éducation - A l'international - malédiction rome latin - feuille métal malédiction - British museum patrimoine


Les embouteillages sur l’autoroute par 40°, les files d’attente pour les glaces, les voisins intempestifs… ces désagréments ne sont pas l’apanage des vacances, hélas. Plutôt que de jurer comme un charretier et proférer des choses très conventionnelles, voici un précis de malédiction, venu du fin fond des âges. Très inspirant, même pour le capitaine Haddock !


 

Les tablettes de défixion, ou tablettes de malédiction, résultent d’un héritage grec, dont les Romains s’emparèrent avec délectation — comme nombre de choses helléniques au demeurant. Le British Museum en possède une particulièrement éloquente, qui conspue et maudit une certaine Tretia Maria, en des termes choisis.

« Je maudis Tretia Maria et sa vie entière, son esprit, sa mémoire, son foie et ses poumons ensemble, ses paroles, ses pensées et sa mémoire. Ainsi, puisse-t-elle être incapable de dire ce qui est caché ni être capable… » La suite se perd dans la nuit des temps, bien que cette feuille de métal soit estimée au Ier siècle apr. J.-C.. 
 

“Va mourir”, quel manque d'imagination


Elle a été découverte lors de fouilles sur des sites romans de Grande-Bretagne, mais présente une spécificité : elle a été percée de sept trous au dos, « une procédure peut-être destinée à augmenter la puissance de la malédiction », indique le musée. Retrouvée sur Telegraph Street (Londres), elle atteste de cette magie noire pratiquée dans l’Empire romain… limite vaudoue. 

En effet, il arrivait que ces sortilèges soient accompagnés de figurines au corps percé par des épingles ou des clous : le chamanisme a de beaux jours devant lui. 

La plupart du temps, les sorciers auprès de qui on se les procurait les réalisaient à l’avance, laissant vierge le nom de la victime qu’il convenait alors au client de remplir. Sorte de formulaire de malédiction, pour une administration bien rodée. 


 

Toutefois, existaient aussi des defixiones amatoriae, qui avaient une vocation inverse : elles avaient pour mission d’attirer une personne aimée — ou le cas échéant, de contrer un rival qui aurait pu conquérir le cœur de l’être aimé. Les juristes s’en servaient également, pour frapper la partie adverse, de même qu’à l’époque impériale dans le cadre des jeux du cirque, ou au théâtre, se retrouvent ces tablettes magiques.

Le cas de Tretia Maria est connu depuis 1934, date de sa découverte, mais les raisons de l’acrimonie, comme souvent, ne sont pas évoquées. 


Commentaires
Étudiées depuis le début du XXe siècle, les tablettes d'exécration antiques sont effectivement méconnues, mais pourquoi convoquer le vaudou et le chamanisme ?

https://www.persee.fr/doc/ista_0000-0000_1999_act_725_1_1608
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