Jeunesse : le gouvernement responsable du manque de plaisir de lire

Cécile Mazin - 05.07.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - plaisir de la lecture - enseignement - livres


Une nouvelle étude va faire jaser et pleurer dans les chaumières. Michael Gove, secrétaire d'État britannique à l'Éducation, très décrié, vient de constater que les enseignants du pays désespèrent de faire découvrir la lecture et ses joies aux enfants. L'étude, The Reading Street: Reading and School (pour le compte de l'éditeur Egmont), a pointé plusieurs écueils dans le système éducatif, et plus encore, au niveau gouvernemental.

 

 

Reading Tarzan

superfem, CC BY 2.0

 

 

Allons-y dans le vif : 82 % des enseignants d'écoles primaires considèrent que le gouvernement « ne pas pas assez d'efforts pour encourager le plaisir de la lecture chez les enfants ». Un manque de soutien gouvernemental d'autant plus critiqué qu'au cours de la dernière décennie, les élèves ont affiché des résultats aux tests de lecture de moins en moins bons. 

 

Première des revendications professorales : qu'on leur donne plus de temps pour qu'ils se concentrent sur le partage avec les enfants, alors que les restrictions et les pressions qu'ils subissent aujourd'hui sont autant d'obstacles dans leur travail. Les deux tiers des répondants expliquent que le manque de temps est le premier facteur qui les empêche de développer l'amour de la lecture.

 

Plus de la moitié, 58 %, assistent ainsi, quasi impuissants, au déclin de la lecture chez les enfants, et tiennent en grande majorité le gouvernement pour responsable de cela. 72 % d'entre eux estiment que développer la lecture en temps que compétence et non comme un plaisir, affecte le comportement des enfants. Pour 48 %, l'enseignement n'établit pas de distinction entre cette pratique/compétence de la lecture et celle du plaisir de lire - et à ce titre, les parents ne savent pas non plus sur quel pied danser. 

 

Enfin, seuls 2 % des enseignants expliquent que leurs élèves profitent d'une séance de lecture quotidienne de la part de leurs parents - tandis que pour 95 % des profs, les parents jouent un rôle essentiel dans la découverte du plaisir de lire. « Nous avons constaté un réel amour de la lecture chez les enseignants, et un fort désir d'encourager davantage les enfants à lire pour le plaisir, mais nous avons constaté qu'ils avaient un sentiment de frustration, à l'égard de leur situation », explique le vice-président de Egmont, Rob McMenemy. (voir le communiqué)

 

Cette étude est à mettre en parallèle avec les dernières initiatives lancées en faveur de la lutte contre l'illettrisme en France - grande cause nationale. George Pau-Langevin, ministre déléguée chargée de la réussite éducative expliquait, mi-juin, sa satisfaction sur les mesures prises par le gouvernement actuel : « L'article 5 de la loi sur l'École votée par le Parlement ne laisse aucune place au doute : l'illettrisme est un fléau, souvent dissimulé et ignoré, que le gouvernement et la majorité souhaitent combattre à bras le corps ».

 

Les actions ? « La priorité au primaire, le "plus de maîtres que de classes", la formation des enseignants, l'ouverture de 60 000 postes sont autant d'avancées majeures de la loi pour la refondation de l'École portée par Vincent Peillon qui permettront de prévenir au mieux l'illettrisme ».