Jeunesse : Trop d'examens scolaires tue le goût de la lecture, M. Obama

Cécile Mazin - 23.10.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Barack Obama - littérature - goût de la lecture


Barack Obama a beau être un grand lecteur, et un fameux libraire pour les États-Unis, les auteurs du pays viennent de lui adresser une lettre plutôt velue. Dont le message est par ailleurs très simple : les enfants scolarisés subissent trop d'examens, ce qui a pour conséquence de leur faire perdre l'amour des livres. Ils sont plus d'une centaine à avoir signé ce courrier. De quoi alerter l'opinion publique ?

 

 

 Child drawing in a book. [front]

Boston Public Library, CC BY 2.0

 

 

La lettre fut lancée le 22 octobre. Les auteurs et illustrateurs jeunesse sont préoccupés pour les lecteurs, les parents et les enseignants. « Nous sommes alarmés par l'impact négatif des tests scolaires excessifs, y compris dans les initiatives prises par votre administration, sur le plaisir des enfants pour la lecture et la littérature », expliquent-ils. 

 

Or, les aménagements de l'administration Obama n'ont pas amélioré la situation, au contraire, signalent-ils : les exigences d'évaluation des enseignants et la standardisation des examens sont autant de problèmes supplémentaires pour les enfants.

 

« Nous vous appelons à soutenir une évaluation sur des performances réelles, et pas simplement des versions informatisées d'examens avec des questions à choix multiples. » Car les élèves passeraient trop de temps à préparer leurs tests de lecture, et finalement, trop peu de temps à prendre un livre pour lire, et s'exciter l'imagination. 

 

Suivant l'appel lancé par Philip Pullman, les auteurs et illustrateurs américains s'inquiètent. Le romancier britannique prophétisait : « Nous sommes en train de créer une génération qui déteste la lecture et ne ressent, vis-à-vis de la littérature, que de l'hostilité. » Et d'ajouter : « Je crains que, dans une volonté permanente de choses à tester, on oublie le but, la nature véritable de la lecture et de l'écriture. »

 

Trop nombreux seraient les établissements qui consacrent le budget d'acquisition de leur bibliothèque scolaire à acheter des ouvrages ne servant qu'aux préparations d'examens, privant les élèves de livres de « vraie littérature », autant que de la richesse et de la diversité culturelle du pays. 

 

Les auteurs, se sentant responsables, autant que concernés par cet état de fait, en appellent donc au président américain : qu'il prenne en compte ces problématiques, et fasse en sorte que l'école ne soit plus un laboratoire à dégoûter les enfants des livres.