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JFK : 'Nous vivons dans une société profondément endoctrinée' (Chomski)

Clément Solym - 25.11.2013

Patrimoine et éducation - A l'international - Kennedy - culte de la personnalité - hommages


L'héritage culturel autant que politique laissé par JFK et l'ensemble des cérémonies, commémorations et hommages montre combien le président américain assassiné continue de passionner. Entre les problèmes de santé, les multiples infidélités et la théorie du complot, difficile de ne pas considérer Kennedy comme un authentique mythe. 

 

 

JFK - Five Decades 1963 - 2013

IoSonoUnaFotoCamera, CC BY SA 2.0

 

 

En ce 50e anniversaire de la mort de JFK, le 35e président des États-Unis a suscité quelques remarques de la part de Noam Chomski, linguiste et philosophe, mais surtout intellectuel engagé, aux tendances anarchistes. Au milieu des livres, des articles, et des couvertures médiatiques de cet événement, on retrouve des messages jusque dans l'extrême droite américaine, saluant la mémoire d'un « pilier de la Guerre Froide ».

 

Mais Chomsky garde un tout autre souvenir du président. C'est l'homme de l'invasion de Cuba, planifiée par Eisenhower, ou encore celui des bombardements contre l'île. C'est aussi l'homme de la guerre du Vietnam, là encore avec l'envoi de l'US Air Force pour de nouveaux lâchers de bombes. Ou encore l'usage autorisé du napalm dans ce conflit. En Amérique du Sud, Chomski rappelle que JFK avait dépêché des criminels néo-nazis, soutenus directement par le gouvernement des États-Unis...

 

Depuis George Washington, au XVIIIe siècle, rappelle le linguiste, le culte de la personnalité est profondément ancré dans la culture américaine. Quelque chose qui « pourrait impressionner Kim Il-Sung », souligne-t-il. Les commémorations autour de Kennedy s'expliquent « simplement parce que nous vivons dans une société profondément endoctrinée », ajoute-t-il. 

 

Or, les démonstrations américaines de patriotisme font peut-être rire, vues de l'extérieur, mais elles concernent bien l'ensemble de la population. Très populaires parmi les personnes afro-américaines, Chomski pointe que « certains ne sont pas conscients de son rôle réel dans les luttes pour les droits civiques - qui ne fut pas suffisant ». 

 

De fait, la véritable histoire de Kennedy a été soigneusement réécrite. Le bilan réel de son intervention « est si affreux », estime-t-il qu'en effet, un second mandat en aurait fait un monstre politique. Il fut le premier à recourir à la télévision comme outil de propagande, transformant toute campagne politique en vaste campagne de relations publiques. Une pratique qui « se consacre à saper la démocratie ».  

 

via Truth Out