Journée internationale de la langue maternelle : l'Espéranto, toujours un espoir

Cécile Mazin - 22.02.2016

Patrimoine et éducation - A l'international - langue maternelle - journée internationale - esperanto ONU


Le 21 février, l’ONU lançait la Journée internationale de la langue maternelle. Consacrée en 1985, cette célébration s’accompagnait d’une reconnaissance de l’espéranto, pour les possibilités de « compréhension internationale et la communication entre peuples de différentes nationalités », qu’elle offrait. 

 

 

 

Le 21 février 1952, la police a tiré et tué plusieurs étudiants en train de manifester à l’Université de Dhaka, au Bangladesh. Ils manifestaient pour qu’on reconnaisse l’existence de leur langue, le bengali. Aux Pays-Bas, le Parlement a approuvé le 29 septembre 2015 un plan pour un retrait progressif du néerlandais dans les écoles primaires en faveur de l’anglais. 

 

Derrière l’espéranto, il n’y a pas d’États, ni de systèmes économiques, ni d’efforts impérialistes, ni de peuple, dont l’intérêt serait la disparition des autres peuples, de leurs langues, ou l’acquisition de leurs marchés. Il n’y a que des hommes et femmes bienveillants qui cherchent la justice pour toutes les cultures et toutes les langues, dans la paix parmi les peuples. 

 

Pour l’occasion, Irina Bokova, directrice générale de l’UNESCO rappelle que la Journée de la langue maternelle s’inscrit dans « le cadre d’une approche multilingue, les langues maternelles sont les composantes essentielles d’une éducation de qualité, laquelle est elle-même le fondement de l’autonomisation des individus et de leurs sociétés ».

 

Le multilinguisme est essentiel pour promouvoir ces objectifs – il est également indispensable au succès de l’ensemble du Programme de développement durable à l’horizon 2030, notamment en ce qui concerne la croissance, l’emploi et la santé, ainsi que l’instauration de modes de consommation et de production durables et le changement climatique.

L’UNESCO porte la même attention à la défense de la diversité linguistique sur Internet, en soutenant la création de contenus locaux pertinents et l’initiation aux médias et à l’information. Grâce au programme Systèmes de savoirs locaux et autochtones (LINKS), l’UNESCO met en lumière l’importance de la langue maternelle et des langues locales en tant que moyens de sauvegarder et de partager les savoirs et cultures autochtones, immenses sources de sagesse.

 

Langue auxiliaire facilitant l’apprentissage ultérieur des autres langues, l’espéranto préserve les langues maternelles tout en instaurant un véritable dialogue interculturel. « L’espéranto est en mesure d’exprimer les nuances les plus subtiles de la pensée et du sentiment, il est propre à permettre, par conséquent, l’expression la plus juste, la plus littéraire, la plus esthétique et de nature à satisfaire les esprits les plus ombrageux et les plus particularistes, et il ne peut pas porter ombrage aux fidèles des langues nationales » souligne Maurice Genevoix, ancien secrétaire perpétuel de l’Académie française. 

 

Madame Vigdís Finnbogadóttir, présidente de la République d’Islande de 1980 à 1996 assurait : « Il est grand temps que les différentes nations comprennent qu’une langue neutre pourrait devenir un véritable rempart pour agir comme protection de leurs cultures contre l’influence de seulement une ou deux langues qui tendent à prendre le monopole, comme c’est le cas aujourd’hui d’une manière de plus en plus évidente. Je souhaite sincèrement que l’Espéranto progresse rapidement pour aider toutes les nations du monde. »

 

On pourra également découvrir l’espéranto à cette adresse, à travers les différentes organisations.